Quoiqu’en pensent les adultes, le respect de la vie privée compte aux yeux de nos jeunes. Mais plusieurs d’entre eux découvrent au fil du temps que leurs activités en ligne sont surveillées de près – par leurs parents, leurs enseignants et l’industrie. Une directrice d’école secondaire se crée un faux profil sur une page Facebook et ajoute, comme ami-e-s, plus de 300 élèves de son école ; la direction d’une école secondaire du Texas songe à émettre des cartes d’identité munies de puces électroniques que les élèves devront obligatoirement porter sur eux en tout temps ; dans une école de l’Indiana, un élève du secondaire est explusé après qu’un tweet profane (envoyé au milieu de la nuit à partir de l’ordinateur personnel de cet élève) dénonce le système de surveillance ayant cours dans son école.

Sous le thème Le respect de la vie privée : ça compte, la Semaine éducation médias (du 5 au 9 novembre 2012) encourage les parents, les enseignants et les responsables communautaires du Canada tout entier à travailler ensemble pour aider les jeunes à développer les connaissances et les compétences qu’ils ont besoin pour protéger leurs renseignements personnels en ligne.

Si le public semble enfin comprendre que les adolescents attachent de l’importance à leur vie privée – telle qu’ils la définissent – l’idée que les jeunes enfants ont des renseignements personnels qu’il importe de protéger est encore nouvelle. La majorité des gens seraient surpris d’apprendre à quel âge les jeunes enfants commencent à naviguer sur le Net : l’âge moyen est passé de dix ans en 2002 à quatre ans en 2009 (Findahl, Olle, Preschoolers and the Internet, présenté à la conférence EU Kids Online, Londres, 11 juin 2009. http://www.lse.ac.uk/collections/EUKidsOnline/EU%20Kids%20I/Conference%20Papers%20and%20abstracts/Emerging%20Issues/Findahl.pd) et depuis l’avènement du iPhone et du iPad, cet âge est sans doute encore plus bas.

L’une des images les plus célèbres de la vie en ligne est celle d’un dessin humoristique du New Yorker qui comportait la légende suivante : « On the Internet, nobody knows you’re a dog » (sur Internet, personne ne sait que vous êtes un chien). Le dessin humoristique, publié en 1993, a eu une énorme influence sur l’image imprimée dans l’imagination de l’opinion publique quant à Internet en tant que lieu où régnait l’anonymat. Il n’a pas fallu longtemps pour que cette vision humoristique de l’anonymat prenne une tournure sombre, car les parents ont commencé à craindre que les prédateurs d’Internet utilisent cette invisibilité pour attirer leurs enfants en se faisant passer pour des filles de douze ans. Il est toutefois instructif de considérer à quand remonte la publication de ce dessin humoristique et à quel point Internet a changé depuis.

Étonnamment, peu de cyberentreprises essaient vraiment de faire de l’argent. Bien sûr, à quelques exceptions près (comme Wikipédia), les bénéfices font certainement partie du plan d’activités, autrement il n’existerait pas tout ce capital de risque, mais, en général, l’approche consiste d’abord à trouver un bon produit ou service et à chercher ensuite à rendre l’entreprise rentable après avoir trouvé une clientèle stable. Les grandes entreprises profitables comme Google, YouTube et Facebook ont toutes commencé leurs activités à perte. Cette tendance se poursuit encore aujourd’hui : il est déjà difficile d’imaginer Internet sans Twitter, mais jusqu’à présent ce service ne rapporte pas beaucoup à ses créateurs (quoique ces derniers doivent assurément chercher des façons de le faire).

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