Comment l’utilisation des médias peut-elle influer sur le bien-être?
« Nous définissons le bien-être numérique des jeunes comme un état intentionnel de santé physique, mentale et sociale atteint grâce à une interaction réfléchie avec les environnements numérique et naturel. » — Dr Michael Rich, Digital Wellness Lab, Boston Children’s Hospital[1]
Comment l’utilisation des écrans peut-elle influer sur le bien-être mental?
L’exemple de la Finlande complique toute tentative d’établir un lien simple entre l’utilisation des médias et le bien-être mental : ce pays se classe souvent au premier rang de l’Indice mondial du bonheur[2], malgré une utilisation presque généralisée des médias sociaux par les adolescents[3] et l’un des taux de littératie médiatique numérique les plus élevés au monde[4]. À l’échelle mondiale, l’accès à Internet est associé à une plus grande satisfaction à l’égard de la vie, à un sentiment plus marqué d’avoir un but dans la vie, à davantage d’expériences positives ainsi qu’à un meilleur bien-être communautaire et social[5].
Des niveaux très élevés d’utilisation des médias, notamment de certaines activités comme les médias sociaux, sont associés à un moins bon bien-être mental[6],[7]. Il en va toutefois de même pour des niveaux d’utilisation très faibles, et il existe une vaste fourchette de temps d’utilisation pour laquelle aucun lien direct avec le bien-être n’est observé[8],[9],[10],[11]. Par exemple, une étude a révélé que l’utilisation des médias sociaux était associée à des taux d’anxiété plus faibles, tandis qu’une utilisation intensive ou problématique était associée à des taux plus élevés d’anxiété et de dépression. Cela laisse entendre que « certaines formes d’utilisation [des médias sociaux], comme communiquer avec des amis, écouter de la musique ou consulter du contenu positif, pourraient constituer un facteur de protection contre l’anxiété[12] ». Bien que les préadolescents et les adolescents qui possèdent un téléphone intelligent soient plus susceptibles de dire qu’ils se sentent bien dans leur peau que ceux qui n’en possèdent pas, ceux qui utilisent les médias sociaux au moins une fois par jour sont plus susceptibles d’affirmer que les médias ont un effet négatif sur leur vie quotidienne, qu’ils ne dorment pas suffisamment et qu’ils sont de mauvaise humeur lorsqu’ils ne peuvent pas consulter leur téléphone[13].
La plupart des recherches montrent toutefois que le temps d’écran est moins important que la manière dont les écrans sont utilisés et que « les technologies numériques peuvent avoir des effets à la fois positifs et négatifs sur le bien-être des enfants, selon l’activité pratiquée et le temps qui lui est consacré[14] ». Les jeunes dont l’utilisation est « presque constante, les médias sociaux occupant une place centrale dans leurs liens sociaux, leur exploration identitaire et leur soutien émotionnel » sont plus susceptibles d’avoir une mauvaise santé mentale et un faible niveau de bien-être. En revanche, ceux qui « utilisent les médias sociaux pour rester en contact avec leurs amis et explorer leur identité, tout en faisant preuve d’une forte capacité d’autorégulation » présentent une meilleure santé mentale et un meilleur bien-être que les jeunes qui les utilisent moins souvent. Ces jeunes évoluent dans « des contextes émotionnels et sociaux plus favorables […] qui leur permettent d’utiliser les médias sociaux comme une ressource plutôt que comme un refuge, en prolongeant leurs forces existantes plutôt qu’en compensant des difficultés aiguës ou chroniques ». Cela pourrait expliquer pourquoi les interventions visant à réduire le temps d’écran global n’ont souvent aucun effet, qu’il soit positif ou négatif[15].
Différentes activités à l’écran peuvent aussi avoir des effets positifs ou négatifs. Dans une étude, les grands utilisateurs de TikTok ont signalé davantage de problèmes liés à l’image corporelle, tandis que les grands utilisateurs de Snapchat étaient plus susceptibles de déclarer être fréquemment fatigués. Les utilisateurs les plus assidus d’Instagram n’ont signalé ni l’un ni l’autre de ces effets, et aucune des plateformes n’était associée à l’anxiété[16]. De même, les utilisateurs de TikTok sont les plus susceptibles de dire qu’ils passent trop de temps sur l’application et que celle-ci nuit à leur sommeil, tandis que les utilisateurs de Snapchat sont plus susceptibles d’affirmer qu’elle a une influence positive sur leurs amitiés[17]. Une autre étude a révélé que TikTok, YouTube et Instagram étaient associés à des effets négatifs sur la santé mentale, tandis que Snapchat et WhatsApp présentaient une association positive ou aucune association[18]. Les jeux vidéo et le visionnement de vidéos en continu sont également associés à un meilleur bien-être[19], alors qu’une étude menée auprès d’adolescents canadiens a révélé que les appels vocaux étaient l’activité la plus fortement associée à la dépression et à l’anxiété[20].
L’exposition virtuelle à la nature[21],[22], le contenu inspirant[23] et les rencontres virtuelles avec des chiens de thérapie[24] ont aussi des effets positifs sur le bien-être mental. Cependant, comme la plupart des réseaux sociaux et des plateformes vidéo recommandent ou diffusent du contenu au moyen d’algorithmes, il est facile d’être exposé à du contenu à la fois bénéfique et préjudiciable au cours d’une même session :
Les jeunes ont décrit un besoin accru de réguler leurs émotions, notamment lorsqu’ils se sentaient obligés d’intervenir pour soutenir des groupes vulnérables. Ce soutien pouvait parfois renforcer positivement leur perception d’eux-mêmes. Cependant, ces interventions exigeaient souvent d’aimer, de partager ou de commenter le contenu, des actions qui signalaient leur engagement à la plateforme et augmentaient la probabilité que des contenus semblables leur soient recommandés. Ainsi, les efforts visant à défendre ou à soutenir les autres pouvaient involontairement signaler un intérêt à la plateforme, accroître l’exposition à des contenus similaires et contribuer à une charge émotionnelle persistante[25].
Les médias peuvent avoir des effets différents selon les personnes. L’utilisation du téléphone intelligent présente peu de liens avec le bien-être mental chez les enfants dont les parents se disent « très heureux » ou « plutôt heureux », mais ce lien est beaucoup plus marqué chez ceux dont les parents se disent « peu heureux »[26]. De même, une diminution de l’utilisation des médias sociaux était associée à une baisse des symptômes de dépression chez les enfants de milieux défavorisés, tandis que chez les enfants de milieux aisés, ce même effet était associé à une utilisation accrue des médias sociaux[27]. Chez les jeunes qui réagissent plus fortement lorsqu’un pair est rejeté, les interactions sociales en ligne sont liées à des symptômes dépressifs, alors qu’aucun lien de ce genre n’est observé chez ceux qui réagissent moins fortement[28].
Une même personne peut même être touchée différemment selon son âge. Certaines recherches ont montré que les garçons étaient les plus susceptibles de subir des effets négatifs des médias sociaux entre 14 et 15 ans, tandis que les filles étaient les plus vulnérables entre 11 et 13 ans. Tous les genres connaîtraient une deuxième « période » de vulnérabilité vers l’âge de 19 ans. Les circonstances peuvent aussi jouer un rôle. L’utilisation des médias sociaux était associée à une moins bonne santé mentale chez les étudiants universitaires qui se sentaient seuls, mais pas chez ceux qui ne ressentaient pas de solitude[29].
Le contenu des médias que l’on consomme peut également influer sur notre bien-être mental. Les nouvelles, particulièrement celles qui portent sur des événements bouleversants comme les guerres, la criminalité, l’économie et la crise climatique, peuvent provoquer de l’anxiété, tout comme la désinformation ou les contenus polarisants[30].
Les médias sociaux peuvent notamment nuire à notre bien-être mental en nous amenant à trop nous concentrer sur celui-ci : « avoir des attentes élevées à l’égard de son propre bonheur peut être néfaste, puisqu’il devient alors plus difficile d’atteindre le niveau de bonheur attendu d’un événement positif [31]». L’exposition à du « contenu portant sur la santé mentale ou l’anxiété » est associée à des niveaux d’anxiété plus élevés ainsi qu’à une conception plus large de ce qui constitue un « trouble mental »[32]. De plus, les médias sociaux diffusent souvent de la désinformation sur les enjeux liés à la santé mentale[33]. À l’inverse, des représentations authentiques des difficultés liées à la santé mentale, comme les crises de panique montrées dans la série Ted Lasso ou dans le film Le Chat potté : Le dernier vœu, peuvent permettre « aux membres du public de se reconnaître dans les personnages principaux et, par conséquent, de créer du contenu faisant référence à leurs propres symptômes de santé mentale, de partager des ressources et d’offrir des conseils aux autres[34] ».
Les créateurs en ligne qui produisent du contenu sur la santé mentale sont également poussés à mettre davantage l’accent sur les effets et les expériences négatives, puisque ceux-ci sont plus susceptibles d’être favorisés par les algorithmes de recommandation, ce qui « crée une pression à entretenir une certaine vulnérabilité au fil du temps[35] ». L’industrie du bien-être mental, qui était évaluée à 131 milliards de dollars américains en 2024, soit un tiers de plus que l’industrie mondiale du divertissement, a aussi contribué à diffuser « le message selon lequel être en bonne santé mentale signifie se sentir bien, ce qui a amené de nombreux parents et adolescents à en tirer la conclusion logique que se sentir mal constitue un sérieux motif d’inquiétude[36] ».
Les médias comme substituts
L’utilisation des médias peut surtout nuire au bien-être mental lorsqu’elle se fait au détriment d’activités bénéfiques, comme le sommeil, l’activité physique, le jeu libre et le temps passé dans la nature. Cela dit, même si une hausse du temps d’écran s’accompagne généralement d’une diminution de ces activités, réduire le temps d’écran ne suffit pas nécessairement à les favoriser. Près de la moitié des enfants canadiens utilisent régulièrement un appareil à écran après l’heure du coucher[37]. Chaque heure d’utilisation après cette heure est associée à une hausse de 59 % du risque d’insomnie et à une réduction de 24 minutes de la durée du sommeil[38]. L’effet de l’utilisation des médias sur le sommeil pourrait toutefois s’atténuer, selon Tanner Bommersbach, psychiatre pour enfants et adolescents à l’Université du Wisconsin. Ses recherches ont montré que le nombre d’adolescents qui ne dorment pas suffisamment a augmenté, mais que « les adolescents qui passent très peu de temps devant les écrans connaissent en réalité une hausse plus importante du manque de sommeil que ceux qui en font une utilisation intensive[39] ». Cela pourrait expliquer pourquoi une récente étude de Statistique Canada a révélé que les jeunes qui respectaient les recommandations relatives au temps d’écran n’étaient ni plus ni moins susceptibles de dormir suffisamment. Ceux qui n’utilisaient pas d’écrans avant de se coucher étaient toutefois plus susceptibles d’avoir une durée de sommeil suffisante, ce qui laisse entendre que c’est surtout l’utilisation des médias juste avant de se coucher et après l’heure du coucher, plutôt que le temps d’écran total, qui aurait une incidence sur le sommeil[40].
Le lien entre l’utilisation des médias et l’activité physique est tout aussi difficile à établir. Une étude de Statistique Canada publiée en 2025 a notamment révélé que les jeunes femmes étaient les plus susceptibles de respecter les recommandations relatives au temps d’écran, mais les moins susceptibles de respecter celles portant sur l’activité physique[41]. De même, les adolescents et adolescentes sont tout aussi susceptibles de respecter les recommandations relatives au temps d’écran, mais les filles sont beaucoup moins susceptibles de respecter celles concernant l’activité physique. Une autre étude canadienne a établi un lien entre l’utilisation des médias numériques et le sentiment de connexion avec la nature chez les filles, mais pas chez les garçons. Ces résultats donnent à penser que les effets dépendent moins des médias ou des technologies eux-mêmes que des raisons pour lesquelles ils sont utilisés et du contexte dans lequel ils le sont[42].
Même si le temps passé devant les écrans peut empiéter sur l’activité physique, réduire le temps d’écran ne se traduit pas nécessairement par une hausse de celle-ci. En fait, de nombreuses études n’ont trouvé aucun lien entre le temps d’écran et le jeu à l’extérieur chez les enfants[43]. Les enfants dont les parents limitent le temps d’écran passent même moins de temps à jouer dehors[44],[45]. Les recherches qui se sont penchées directement sur la question de la substitution d’activités ont également montré que l’utilisation du téléphone intelligent ne réduit pas réellement le temps de sommeil ou d’activité physique chez les jeunes adolescents. Le temps passé sur le téléphone semble plutôt remplacer d’autres activités médiatiques, comme regarder la télévision ou des films[46].
En ce qui concerne d’autres activités importantes, l’utilisation des médias peut avoir des effets à la fois positifs et négatifs. Les passe-temps, les centres d’intérêt et le jeu créatif sont tous essentiels au bien-être des enfants, et les médias peuvent soit les remplacer, soit les favoriser[47]. L’utilisation des écrans est plus susceptible de devenir problématique lorsqu’elle répond à un besoin qui n’est pas satisfait ailleurs, ou qui peut être comblé plus facilement au moyen d’un appareil numérique. L’un des problèmes les plus souvent associés aux téléphones intelligents est, par exemple, l’anxiété liée à la peur de manquer ce que les amis peuvent faire ou raconter sur les médias sociaux. Ce que ces adolescents recherchent réellement, toutefois, c’est le lien avec leurs amis et le sentiment de faire partie de leur vie que les médias sociaux leur procurent[48]. Certaines recherches ont révélé que l’utilisation des médias sociaux[49] et le fait de posséder un téléphone intelligent[50] étaient en réalité associés au fait de passer davantage de temps avec ses amis hors ligne. Une autre étude n’a trouvé aucun lien entre la solitude et le temps passé sur les médias sociaux, sauf chez les personnes en couple. Dans ce cas, une utilisation pouvant aller jusqu’à trois heures par jour était associée à une solitude nettement moins grande[51]. Les amitiés en ligne peuvent également « répondre aux mêmes désirs et besoins que ceux traditionnellement associés aux amitiés en personne […] ce qui remet en question l’idée selon laquelle les relations en ligne seraient nécessairement limitées par leur contexte et leurs modes de communication à des liens superficiels ». La moitié des adolescents ont des amis qu’ils connaissent uniquement en ligne, et les deux tiers estiment que ces amitiés sont « aussi importantes que celles qu’ils entretiennent avec des personnes qu’ils connaissent en personne[52] ». Une synthèse de recherches publiée en 2026 sur les médias sociaux et l’isolement social a révélé qu’« une participation interactive et motivée, par exemple pour entretenir des relations ou répondre à un besoin de compagnie, était associée à un isolement social moins important ». En revanche, « une utilisation problématique peut accentuer le sentiment de déconnexion, particulièrement chez les jeunes adultes qui sont actifs en ligne, mais vulnérables sur le plan social[53] ».
Dans certains cas, l’utilisation des médias peut bien sûr remplacer des activités ou des expériences auxquelles on ne souhaite pas que les jeunes soient exposés. Certaines recherches laissent notamment entendre que le temps passé sur les téléphones intelligents et les médias sociaux aurait contribué à la diminution du nombre de grossesses à l’adolescence[54]. Utiliser les médias pour éviter des expériences négatives peut toutefois avoir des conséquences néfastes. Bien que certaines formes d’utilisation puissent constituer des stratégies d’adaptation efficaces, le fait d’utiliser les médias sociaux pour éviter ses problèmes ou y échapper est associé à davantage de symptômes d’anxiété et de dépression, ainsi qu’à une diminution de la résilience et du bien-être général. À l’inverse, leur utilisation à des fins de divertissement ou de socialisation est associée à une meilleure santé mentale. Il est bien sûr également possible que les jeunes ayant une moins bonne santé mentale soient davantage portés à utiliser les médias sociaux pour éviter leurs problèmes ou tenter d’y faire face[55].
L’interférence
L’utilisation d’appareils numériques, surtout lorsqu’ils sont portables comme les téléphones intelligents, peut aussi nuire à certaines activités importantes de notre quotidien. C’est probablement ce qui explique les effets observés chez les très jeunes enfants, notamment « un vocabulaire moins développé ainsi que de moins bonnes aptitudes en communication, en écriture, en numératie et en reconnaissance des lettres[56] », puisque les activités médiatiques remplacent les interactions avec les personnes qui s’occupent d’eux. Durant les premières années de la vie, les écrans offrent peu ou pas de bienfaits et se substituent surtout à d’autres expériences. En grandissant, toutefois, les enfants sont en mesure de tirer davantage profit de certaines activités à l’écran. Ainsi, si un temps d’écran minimal à l’âge de deux ans était associé aux meilleurs résultats en langue et en apprentissage deux ans et demi plus tard, une utilisation faible à modérée à quatre ans et demi était liée à de meilleurs résultats à l’âge de huit ans[57]. À 15 ans, une utilisation modérée des écrans à des fins de loisir, soit une à deux heures par jour, est associée à la fois aux taux de satisfaction à l’égard de la vie les plus élevés et aux meilleurs résultats en mathématiques[58].
Les notifications et d’autres expériences médiatiques peuvent également nous distraire et perturber notre concentration. Le nombre de notifications reçues aurait même une plus grande incidence que le temps total consacré aux médias[59],[60]. De même, une étude menée auprès d’élèves du secondaire a révélé que « la fréquence à laquelle ils consultaient leur téléphone, mais non leur temps d’écran total, était associée à un moins bon contrôle cognitif », même si leur temps d’écran variait de plus de cinq heures par jour[61].
Près de huit adolescents sur dix affirment que les médias sociaux les détournent « souvent » ou « très souvent » de leur travail ou de leurs autres responsabilités[62]. Il existe toutefois peu de données montrant que les téléphones intelligents ou les médias sociaux ont un effet à long terme sur la capacité d’attention des adolescents ou sur leur aptitude à accomplir des tâches complexes. En fait, une légère distraction peut parfois nous aider à nous concentrer. Les appareils numériques créent néanmoins un environnement plus propice aux distractions et favorisent des habitudes comme le multitâche, qui nous amènent à consacrer moins de temps et d’attention à une tâche donnée. Les vidéos de courte durée, comme celles diffusées sur TikTok, Instagram Reels et YouTube Shorts, sont particulièrement associées, à court terme, à une diminution des capacités cognitives, de l’attention et de la concentration[63]. Cet effet n’est toutefois pas observé avec les vidéos plus longues[64].
Les médias peuvent également nous distraire lorsqu’on passe du temps avec d’autres personnes. Nous remarquons généralement lorsque l’utilisation des médias par quelqu’un d’autre détourne son attention de nous, mais « les gens sous-estiment considérablement l’effet négatif que leur propre utilisation du téléphone peut avoir sur l’expérience des autres[65] ».
Lorsque l’utilisation des médias par les parents nuit à leurs interactions avec leurs enfants, elle peut entraîner une hausse de l’utilisation des médias chez ces derniers ainsi que des problèmes de comportement[66]. Certaines données montrent également que les écrans peuvent compliquer la gestion des émotions chez les enfants, notamment parce que les communications numériques transmettent moins d’indices émotionnels et parce que les adolescents utilisent parfois les médias numériques pour éviter des situations émotionnellement inconfortables[67]. Des recherches ont toutefois aussi révélé que le stress lié aux médias au sein des familles n’est pas associé au temps que les enfants passent réellement devant les écrans, mais plutôt au sentiment de culpabilité des parents à l’égard de cette utilisation[68]. Autrement dit, certains effets négatifs ne découlent pas de l’interférence elle-même, mais de l’inquiétude qu’elle suscite chez les parents.
L’agentivité
De plus en plus de données montrent que la façon dont on perçoit son utilisation des écrans joue elle aussi un rôle important. Adopter une vision agentive, c’est-à-dire considérer les technologies numériques comme des outils que l’on maîtrise et que l’on utilise à des moments précis dans des buts précis, est associé à des taux d’anxiété, de stress et de dépression plus faibles que le fait d’envisager l’utilisation des écrans sous l’angle de la dépendance[69]. Les jeunes disent d’ailleurs souvent ressentir de la frustration lorsqu’ils ont l’impression que les médias « leur prennent plus de temps qu’ils ne le souhaiteraient[70] ». On retrouve ici encore le principe du « juste milieu » : les adolescents qui font une utilisation modérée des médias sociaux sont plus susceptibles de se sentir maîtres de leur vie que ceux qui les utilisent moins d’une heure ou plus de trois heures par jour[71]. Dans l’ensemble, « l’utilisation des médias sociaux chez les adolescents peut à la fois favoriser et entraver leur sentiment d’appartenance, leur autonomie et leur sentiment de compétence[72] ».
Les personnes qui utilisent leur téléphone intelligent de façon plus automatique et habituelle, et qui ouvrent un plus grand nombre d’applications au cours d’une même session, sont plus susceptibles de présenter des symptômes de dépression, d’anxiété et de trouble obsessionnel-compulsif (TOC)[73]. De manière générale, les personnes qui estiment maîtriser leur utilisation des médias sociaux y consacrent moins de temps et font état d’un meilleur bien-être. Cette association est plus forte lorsque l’on se fie à l’évaluation que les personnes font elles-mêmes de leur utilisation que lorsqu’on la mesure avec précision, ce qui renforce l’idée selon laquelle « le sentiment de contrôle des utilisateurs est plus important pour leur bien-être que la durée de leur utilisation [des médias sociaux] ou leur perception de ses effets[74] ». Le sentiment d’avoir « de plus en plus de contrôle et de choix » est essentiel au bien-être des enfants et des adolescents[75]. Les médias peuvent renforcer ce sentiment, en leur offrant davantage d’indépendance et d’agentivité dans les mondes en ligne ou hors ligne, ou au contraire y nuire s’ils n’ont pas l’impression de maîtriser leur utilisation ou si les médias servent à limiter leur indépendance plutôt qu’à l’accroître. « Adopter un état d’esprit davantage axé sur l’agentivité modifie non seulement la façon dont les personnes utilisent les médias sociaux, mais aussi la manière dont elles se souviennent du rôle que ceux-ci jouent dans leur vie et dont elles le comprennent[76]. »
Cela pourrait expliquer l’un des paradoxes de l’utilisation des écrans : les personnes se sentent plus heureuses, plus énergiques et plus proches des autres lorsqu’elles réduisent leur temps d’écran, mais, à l’échelle de la population, le temps d’écran moyen d’une personne ne permet de prédire aucun de ces effets[77]. Si l’on examine ce paradoxe sous l’angle de l’agentivité, il semble que ce soit le fait même de réduire son temps d’écran, et donc de reprendre le contrôle de la place que les écrans occupent dans sa vie, qui favorise le bien-être, plutôt que la quantité de temps en elle-même. Dans le même ordre d’idées, de nombreuses études montrent qu’une utilisation active des médias, par exemple créer et publier du contenu, est associée à moins de solitude et de dépression ainsi qu’à une meilleure qualité de vie déclarée, comparativement à une utilisation passive, comme faire défiler un fil d’actualité ou consulter les publications des autres[78].
Une autre étude illustre l’importance de ce sentiment d’agentivité. Elle a révélé que l’utilisation réelle du téléphone intelligent par les parents n’avait aucune incidence sur leurs enfants. En revanche, les jours où les parents avaient l’impression d’avoir utilisé leur téléphone plus que d’habitude, ils étaient davantage portés à craindre que les besoins fondamentaux de leur enfant ne soient pas satisfaits[79].
L’agentivité est un élément essentiel de la construction de l’identité et de la perception de soi[80], tout comme du sentiment de cohérence, c’est-à-dire la capacité à percevoir sa personne, sa vie et, dans ce cas-ci, son utilisation des médias comme conscientes, significatives et gérables[81]. Lorsque les enfants utilisent les médias pour composer avec leurs émotions de façon constructive, par exemple en écoutant de la musique[82] ou en extériorisant leurs émotions, cela renforce leur sentiment d’agentivité. En revanche, les groupes d’adolescents sur les médias sociaux risquent de tomber dans la co-rumination, qui consiste à discuter et à analyser sans fin un problème. « C’est l’équivalent psychologique de gratter une plaie. » Cette dynamique peut réduire leur sentiment de contrôle, puisqu’ils n’arrivent plus à passer à autre chose[83].
Après une mauvaise journée, les jeunes ont généralement tendance à consulter leur téléphone plus souvent le lendemain, probablement pour tenter de composer avec leurs émotions[84]. Cette réaction peut toutefois accentuer le remplacement de certaines activités par les médias et les distractions, en plus d’affaiblir leur sentiment d’agentivité si elle se transforme en habitude[85]. Les jeunes qui avaient de meilleures aptitudes à la pleine conscience, c’est-à-dire qui utilisaient les médias de façon plus réfléchie et avec davantage d’agentivité, ne consultaient toutefois pas leur téléphone plus souvent après une mauvaise journée[86].
L’un des facteurs qui nuisent le plus à notre sentiment d’agentivité est le fait de présenter l’utilisation des médias comme une « dépendance » ou certains médias comme étant « addictifs ». Lorsque ces étiquettes sont employées, les personnes se sentent davantage coupables et ont moins confiance en leur capacité à changer leurs habitudes[87]. Comme l’explique le psychologue Nir Eyal :
« Lorsqu’on est constamment exposé à des messages du genre “Ça te fait du mal”, ces attentes finissent par influencer la façon dont on interprète des émotions ou des variations pourtant tout à fait normales [...] Mais il y a une différence entre dire “Cet outil est puissant, il faut apprendre à bien s’en servir” et dire “Cet outil crée une dépendance, tu es impuissant face à lui”. La première façon de voir les choses préserve l’agentivité. La seconde la sape[88]. »
Il s’agit d’un exemple de ce qu’on appelle l’influence présumée des médias : « l’effet des technologies numériques sur nous ne dépend pas uniquement de la façon dont nous les utilisons, mais aussi, en partie, des effets que nous leur attribuons[89] ». Dans ce cas, « l’étiquette de dépendance ne donne pas aux utilisateurs les moyens de reprendre le contrôle de leur utilisation. Elle leur nuit plutôt en diminuant leur sentiment de contrôle, en accentuant leur sentiment de culpabilité et en rendant leur expérience légèrement moins positive[90] ».
Utilisation des médias chez les enfants vulnérables
Les effets négatifs de l’utilisation des écrans sont plus marqués chez les enfants vulnérables, mais leurs effets positifs le sont aussi. Les jeunes vulnérables reconnaissent à la fois les risques et les avantages des médias sociaux, qu’ils considèrent comme « d’importants moyens de demander de l’aide, particulièrement lorsque le soutien hors ligne [est] inaccessible[91] ». Les personnes présentant davantage de traits névrotiques sont plus susceptibles de subir des effets négatifs sur leur santé mentale lorsqu’elles utilisent les médias sociaux[92], tandis que les utilisateurs souffrant de dépression sont plus sensibles aux réactions suscitées par leurs publications, comme les mentions « J’aime »[93].
Les adolescents qui déclarent avoir un faible niveau de bien-être mental sont plus susceptibles de dire qu’ils se sentent mal lorsque personne n’aime ou ne commente leurs publications, qu’ils se sont sentis exclus après avoir vu les publications de leurs amis et qu’ils ont vécu des expériences négatives sur les médias sociaux en général. Toutefois, ces mêmes adolescents sont aussi plus susceptibles d’affirmer que les médias sociaux ont globalement une influence positive sur eux, qu’ils les aident à se sentir mieux dans leur peau et qu’ils atténuent leur sentiment de solitude[94].
Les jeunes utilisent aussi souvent les médias pour faire face à des situations difficiles. Une analyse de données provenant des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis a révélé que, parmi les filles dont les parents avaient des problèmes de consommation de drogues ou d’alcool, celles qui utilisaient fréquemment les médias sociaux étaient environ un tiers moins susceptibles d’avoir fait une tentative de suicide au cours de l’année précédente que celles qui les utilisaient rarement, soit 22,6 % contre 33 %. Elles étaient également presque deux fois moins susceptibles de s’être automutilées au cours de cette période, soit 6,4 % contre 11,5 %[95]. Une autre étude a établi un lien étroit entre le niveau d’utilisation des médias et différentes expériences négatives vécues pendant l’enfance, comme le divorce, le décès ou l’incarcération d’un parent; la violence, les problèmes de santé mentale ou la consommation de substances à la maison; la pauvreté; les mauvais traitements fondés sur la race ou l’origine ethnique; ainsi que la discrimination liée au genre ou au sexe. Comme il est extrêmement peu probable que l’utilisation des médias ait causé l’une ou l’autre de ces expériences, ces résultats portent fortement à croire que bon nombre des grands utilisateurs se tournaient vers les médias pour composer avec les difficultés de leur vie[96]. Les jeunes 2ELGBTQ+ sont également plus susceptibles d’utiliser les médias numériques pour trouver du soutien et un sentiment d’appartenance à une communauté, ce qui contribue à « un plus grand sentiment de capital social[97] ».
Cette interprétation est appuyée par des données montrant que priver les jeunes vulnérables de l’accès aux médias semble accroître les risques auxquels ils sont exposés. Bien que certaines recherches aient révélé que l’interdiction des téléphones intelligents dans les écoles avait un léger effet positif sur la santé mentale des jeunes dans l’ensemble[98], une étude a constaté que les filles fréquentant des écoles où ces appareils étaient interdits étaient plus susceptibles de signaler certains symptômes de dépression et d’envisager le suicide[99]. Au Canada, Jeunesse, J’écoute indique que plus du tiers des communications reçues, soit 34 %, ont lieu pendant les heures de classe, les jeunes « nous appelant depuis une cabine de toilette, le bureau de la direction ou l’extérieur, avec leur téléphone cellulaire[100] ». De même, un organisme australien de santé mentale a rapporté qu’un adolescent sur dix parmi ceux qui avaient communiqué avec lui dans les mois précédant l’interdiction des médias sociaux en Australie s’inquiétait des effets que la perte de cet accès pourrait avoir sur sa santé mentale[101].
Ce que les jeunes disent de leur utilisation des médias
Les études qui se sont intéressées à la façon dont les jeunes perçoivent leur utilisation des écrans montrent généralement qu’ils lui attribuent davantage d’effets positifs que négatifs. Parmi les bienfaits mentionnés, les médias les aident notamment à se sentir moins seuls[102], à se faire de nouveaux amis, à rester en contact avec leurs proches[103] et à accéder à des services de soutien et de santé[104].
Les adolescents reconnaissent toutefois que l’utilisation des écrans peut aussi avoir des effets négatifs, surtout sur les autres jeunes[105] et sur leurs parents[106]. Les enfants estiment que les interférences liées aux médias nuisent à la vie familiale, qu’elles touchent les enfants ou les parents. Les parents, en revanche, ont généralement tendance à ne considérer comme problématiques que les interférences causées par l’utilisation des médias de leurs enfants[107]. Plus des trois quarts des jeunes, soit 78 %, s’inquiètent des effets de l’utilisation des médias sur leur santé mentale[108]. Beaucoup ont d’ailleurs pris certaines mesures pour mieux gérer leur temps d’écran, par exemple en essayant de limiter le temps consacré aux médias sociaux ou aux jeux vidéo[109].
Les jeunes Canadiens ont cependant des sentiments partagés à l’égard de leur utilisation des appareils numériques. Un peu moins de la moitié craignent parfois de passer trop de temps en ligne. Pourtant, ceux qui s’en inquiètent déclarent sensiblement le même niveau d’utilisation des médias que ceux qui ne s’en préoccupent pas, ce qui laisse croire que cette inquiétude n’entraîne pas de changements importants dans leurs comportements[110]. Il est toutefois possible que ces préoccupations soient moins liées au temps passé en ligne qu’aux expériences vécues pendant ce temps. Par exemple, les jeunes qui avaient adopté ou subi des comportements méchants et cruels en ligne étaient plus susceptibles de craindre de passer trop de temps sur Internet[111], tout comme ceux qui avaient envoyé des sextos[112].
Même si les jeunes reconnaissent souvent avoir de la difficulté à gérer leur utilisation des écrans, les messages qu’ils reçoivent de leurs parents sont parfois contradictoires. Environ 60 % des parents affirment passer trop de temps sur leur téléphone intelligent, et 68 % disent être distraits par leur téléphone lorsqu’ils passent du temps avec leurs enfants[113]. Lorsqu’on leur a demandé quelles règles les parents devraient eux-mêmes respecter en matière d’utilisation des médias, les enfants ont répondu : « Pose ton téléphone lorsque ton enfant essaie de te dire quelque chose d’important », « N’y consacre pas tout ton temps libre » et « Fais ce que tu dis »[114].
[1] Rich, M. (2026, 4 février). Problematic Interactive Media Use (PIMU): The Next Pandemic or the "Next Normal"? [Communication]. Boston Children’s Hospital. Virtuel. [traduction]
[2] Helliwell, J. F., Layard, R., Sachs, J. D., De Neve, J.-E., Aknin, L. B., et Wang, S. (dir.). (2025). World Happiness Report 2025. University of Oxford : Wellbeing Research Centre.
[3] Dagmar. (2024). STUDY: TikTok is more popular than a paper newspaper and smartwatches have become mainstream – this is how the use of media and devices in Finland has changed in ten years.
[4] Open Society Institute. (2026). Media Literacy Index 2026: Denmark, Finland, Ireland, and Netherlands Lead European Ranking of Resilience against Disinformation.
[5] Vuorre, M., et Przybylski, A. K. (2024). A multiverse analysis of the associations between internet use and well-being. Technology, Mind, and Behavior, 5(2), 65.
[6] Pickavance, J., O’Nions, E., Hammad, M., Jackson, L., Lightfoot, K., McEachan, R. R., ... et Lewer, D. (2026). Adolescent social media use and its association with mental health: a cross-sectional study in Bradford, England. BMC Public Health.
[7] Zhu, X., Yang, Y., Wright, H., Speyer, L. G., Allitt, M., Obsuth, I., ... et Murray, A. L. (2025). The association between social media use and mental health symptoms in middle adolescence: A counterfactual analysis. SSM-Mental Health, 100582.
[8] Przybylski, A. K., et Weinstein, N. (2017). A large-scale test of the Goldilocks hypothesis. Psychological Science, 28(2), 204-215.
[9] Nennstiel, R., et Ullrich, R. (2026). The Goldilocks dilemma: gendered patterns of social media usage and adolescent life satisfaction across OECD countries. Large-scale Assessments in Education, 14(1), 11.
[10] Shen, C., Girela-Serrano, B. M., Di Simplicio, M., Spiers, A., Dumontheil, I., Thomas, M. S., ... et Toledano, M. B. (2026). Social networking site use, depressive and anxiety symptoms in adolescents: evidence from a longitudinal cohort study (SCAMP). BMC Medicine.
[11] Singh, B., Zhou, M., Curtis, R., Maher, C., et Dumuid, D. (2026). Social media use and well-being across adolescent development. JAMA Pediatrics.
[12] Sullivan, E., Toseeb, U., et Henderson, L. Mediating effects of sleep in the association between latent dimensions of smartphone/social media behaviours and mental health in adolescents. [traduction]
[13] Martin, J. D., Song, S. W., Rote, W. R., Bakour, C., Rance, L. T., Scacco, J. M., et Marcus, S. (2025). The Life in Media Survey: A baseline study of digital media use and well-being among 11- to 13-year-olds. Université de Floride du Sud, en collaboration avec The Harris Poll. lifeinmediasurvey.org.
[14] Kardefelt-Winther, D. (2017). How does the time children spend using digital technology impact their mental well-being, social relationships and physical activity? An evidence-focused literature review. UNICEF Office of Research. [traduction]
[15] Hansen, L., Grüning, D., Jespersen, A., Riedel, F., et Normann, C. (2026). Disrupting Digital Habits Among Danish Adolescence: Evidence from 1.2 Million Social Media Interactions. [traduction]
[16] Kosola, S., Moro, S., et Holopainen, E. (2026). Objectively measured social media use and psychosocial wellbeing among adolescent girls: a prospective study. medRxiv, 2026-05. [traduction]
[17] Faverio, M., Park, E., et Gottfriend, J. (2026). Teens’ Experiences on TikTok, Instagram and Snapchat. Pew Research Center.
[18] van der Wal, A., Beyens, I., Janssen, L. H., et Valkenburg, P. M. (2026). Diverse platforms, diverse effects: Evidence from a 100-day study on social media and adolescent mental health. Current Psychology, 45(1), 36.
[19] Mayen, S., Reinhardt, A., et Wilhelm, C. (2025). Revealing the interplay between digital media use and affective well-being across developmental stages: Results of an experience sampling study with Austrian adolescents. Journal of Children and Media, 1-21.
[20] Mougharbel, F., Chaput, J. P., Sampasa-Kanyinga, H., Colman, I., Leatherdale, S. T., Patte, K. A., et Goldfield, G. S. (2023). Longitudinal associations between different types of screen use and depression and anxiety symptoms in adolescents. Frontiers in Public Health, 11, 1101594.
[21] Glassman, H., et Russo, F. (2026). Impact of Soundscapes on Mental Well-Being and Physiological Stress: A Systematic Review and Meta-Analysis.
[22] Iimura, S. (2025). Effects of Exposure to Virtual Nature on Negative Affect in Adolescents: A Randomized Controlled Trial.
[23] Nabi, R. L., Walter, N., Myrick, J. G., Wang, M., et Ekeler, B. (2025). Media versus meditation: A comparison of the stress-relieving benefits of multiple media experiences. Psychology of Popular Media.
[24] Anderssen, E. (2026) Research shows virtual sessions with therapy dogs do the trick. The Globe and Mail.
[25] Winstone, L., Parsonage, M. J., Muir, C., Randhawa, A., Cross, M. L., MacArthur, G., ... et Garavini, M. E. (2026). Algorithmically structured exposure: Adolescents’ emotional experiences of content types on social media. [traduction]
[26] Stone, L., Burchfiel K., Toscano M. (2026) Resilient Children, Struggling Parents: Mapping American Parenting. Institute for Family Studies.
[27] Ackermans, M., Sauce, B., et Miedzobrodzka, E. Children’s Social Media Use, Depression, and Socioeconomic Inequalities—A Longitudinal Investigation Based on the ABCD Study®.
[28] Trekels, J., Maza, M. T., Capella, J., Jorgensen, N. A., Kwon, S. J., Lindquist, K. A., ... et Telzer, E. H. (2024). Diverse social media experiences and adolescents’ depressive symptoms: the moderating role of neurobiological responsivity to rejected peers. Social Cognitive and Affective Neuroscience, 19(1), nsae070.
[29] Brailovskaia, J., et Hamdan, S. (2026). Loneliness mediates the association between addictive social media use and mental health in university students in Germany and Israel. Journal of Public Health, 1-10.
[30] Meythaler, A. (2025). Understanding the Role of Social Media Content in Inducing Anxiety: A Qualitative Study. Proceedings of the 58th Hawaii International Conference on System Sciences.
[31] Zerwas, F., John, O., Mauss, I., et Ford, B. (2024). Unpacking the pursuit of happiness: Being concerned about happiness but not aspiring to happiness is linked with negative meta-emotions and worse well-being. Emotion. [traduction]
[32] Winterburn, I., Cunningham-Rowe, K., Guzman Holst, C., Stringaris, A., Andrews, J., et Foulkes, L. (2026). The Impact of Mental Health-Related Social Media Posts on Young Adults’ Mental Health Reporting: A Two-Study Experimental Investigation. [traduction]
[33] Carter, A., Gracey, F., Moody, J., Ovens, A., et Chatburn, E. (2026). Quality, reliability and misinformation in mental health and neurodivergence content on social media: a systematic review. Journal of Social Media Research, 3(1), 30-47.
[34] Nayak, M., Loew, P., Azar, J., et Uhls, Y. (2024). The Case for Maximizing the Impact of Second Screens. Center for Scholars & Storytellers. [traduction]
[35] Bizzotto, N., Lu, Q., Bhalerao, S., Stein, K., Yarnell, A., Dienlin, T., et Marciano, L. (2026). From Wounded Healers to Commercialized Caregivers: A Scoping Review of Mental Health Content Creators on Social Media. [traduction]
[36] Damour, L. (2024). The Emotional Lives of Teenagers: Raising Connected, Capable, and Compassionate Adolescents. Ballantine Books. [traduction]
[37] HabiloMédias. (2022). Jeunes Canadiens dans un monde branché, Phase IV : La vie en ligne. HabiloMédias. Ottawa.
[38] Hjetland, G. J., Skogen, J. C., Hysing, M., Gradisar, M., et Sivertsen, B. (2025). How and when screens are used: comparing different screen activities and sleep in Norwegian university students. Frontiers in Psychiatry, 16, 1548273.
[39] Daniel, A. (2026). Teens are sleeping less than ever and screens aren’t primarily to blame. NPR. [traduction]
[40] Brunton, C., Boco, E., Facette, T., et Pinault, L. (2026, 19 mars). Le temps d’écran a-t-il une incidence sur les jeunes? Étude longitudinale sur le temps passé devant un écran et le bien-être. Regards sur la société canadienne, produit n<sup>o</sup> 75-006-X au catalogue de Statistique Canada.
[41] Statistique Canada. (2025). Activité physique et temps sédentaire mesurés directement au Canada : nouveaux résultats de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé, 2022 à 2024. Le Quotidien.
[42] Michaelson, V., King, N., Janssen, I., Lawal, S., et Pickett, W. (2020). Electronic screen technology use and connection to nature in Canadian adolescents: A mixed methods study. Revue canadienne de santé publique, 111(4), 502-514.
[43] Lee, E. Y., Bains, A., Hunter, S., Ament, A., Brazo-Sayavera, J., Carson, V., ... et Tremblay, M. S. (2021). Systematic review of the correlates of outdoor play and time among children aged 3-12 years. International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, 18(1), 41.
[44] Remmers, T., Van Kann, D., Gubbels, J., Schmidt, S., de Vries, S., Ettema, D., ... et Thijs, C. (2014). Moderators of the longitudinal relationship between the perceived physical environment and outside play in children: the KOALA birth cohort study. International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, 11(1), 150.
[45] Larouche, R., Kleinfeld, M., Charles Rodriguez, U., Hatten, C., Hecker, V., Scott, D. R., ... et Shimamura, H. (2023). Determinants of outdoor time in children and youth: a systematic review of longitudinal and intervention studies. International Journal of Environmental Research and Public Health, 20(2), 1328.
[46] Röhlke, L. (2024). Changes in early adolescents’ time use after acquiring their first mobile phone. An empirical test of the displacement hypothesis (n° 49). Université de Berne, Département des sciences sociales.
[47] Chapman, S. (2025, 12 février). What is Good Mental Health in Children and How Do We Promote It? [Communication]. Association for Child and Adolescent Mental Health. Virtuel.
[48] Veissière, S. P. L., et Stendel, M. (2018). Hypernatural monitoring: A social rehearsal account of smartphone addiction. Frontiers in Psychology, 9, 141.
[49] Steinsbekk, S., Bjørklund, O., Valkenburg, P., Nesi, J., et Wichstrøm, L. (2024). The new social landscape: Relationships among social media use, social skills, and offline friendships from age 10–18 years. Computers in Human Behavior, 156, 108235.
[50] Martin, J. D., Song, S. W., Rote, W. R., Bakour, C., Rance, L. T., Scacco, J. M., et Marcus, S. (2025). The Life in Media Survey: A baseline study of digital media use and well-being among 11- to 13-year-olds. Université de Floride du Sud, en collaboration avec The Harris Poll.
[51] Lehmann, N., Petkovski, M., Rosen, C., Baune, L., et Steinrücke, J. (2025). Hours Spent on Social Media and Loneliness: A Cross-Sectional Study About the Influence of Romantic Relationships and Social Media Platforms.
[52] Chidekel, H., Ho, K., Yue, Z., Bickham, D., et Rich, M. (2025). Pulse Survey: Where Teens Find Belonging: Adolescent Connection and Support in Online and Offline Spaces. Boston, MA : Digital Wellness Lab, Boston Children’s Hospital. digitalwellnesslab.org/pulse-surveys/where-teens-find-belonging/
[53] Liu, Y., Pradhan, S., et Wang, X. (2026). The relationship between social media use and social isolation in young adults: a systematic review. Information, Communication & Society, 1-20. [traduction]
[54] Hudson, N., et Moscoso Boedo, H. J. (2026). The Collapse of Teen Fertility in the Digital Era. SSRN.
[55] Lian, J., Kunzi, M., Andrews, J. L., Gallacher, J., et Bauermeister, S. (2026). Motives of Social Media Use Are Differentially Associated with Mental Health Outcomes in Adolescents.
[56] Gath, M., Horwood, L. J., Gillon, G., McNeill, B., et Woodward, L. J. (2026). Longitudinal associations between screen time and children’s language, early educational skills, and peer social functioning. Developmental Psychology, 62(3), 638. [traduction]
[57] Gath, M., Horwood, L. J., Gillon, G., McNeill, B., et Woodward, L. J. (2026). Longitudinal associations between screen time and children’s language, early educational skills, and peer social functioning. Developmental Psychology, 62(3), 638.
[58] OCDE. (2025). Finite Time to Learn and Play: Whole Student Development and Students’ Digital Leisure Outside of School. OECD Education Policy Perspectives.
[59] Fournier, H., Fournel, A., Osiurak, F., Koenig, O., Pâris, F., Gaujoux, V., et Rigenval, F. (2026). Attention hijacked: How social media notifications disrupt cognitive processing. Computers in Human Behavior, 108926.
[60] Hartanto, A., Lee, K. Y., Chua, Y. J., Quek, F. Y., et Majeed, N. M. (2023). Smartphone use and daily cognitive failures: A critical examination using a daily diary approach with objective smartphone measures. British Journal of Psychology, 114(1), 70-85.
[61] Telzer, E. H., et Burnell, K. (2026). Smartphone use during school hours and association with cognitive control in youths aged 11 to 18 years. JAMA Network Open, 9(3), e261092. [traduction]
[62] Dimitrova, A. (2026). The Doomscrolling Fatigue Survey: Inside Social Media Addiction in 2026. PlayersTime.
[63] Chiossi, F., Haliburton, L., Ou, C., Butz, A. M., et Schmidt, A. (2023, avril). Short-form videos degrade our capacity to retain intentions: Effect of context switching on prospective memory. Proceedings of the 2023 CHI Conference on Human Factors in Computing Systems (p. 1-15).
[64] Chiossi, F., Haliburton, L., Ou, C., Butz, A. M., et Schmidt, A. (2023, avril). Short-form videos degrade our capacity to retain intentions: Effect of context switching on prospective memory. Proceedings of the 2023 CHI Conference on Human Factors in Computing Systems (p. 1-15).
[65] Barrick, E. M., Barasch, A., et Tamir, D. I. (2022). The unexpected social consequences of diverting attention to our phones. Journal of Experimental Social Psychology, 101, 104344. [traduction]
[66] Nesi, J. (2026). Unpacking the "two things can be true" of technoference. Techno Sapiens.
[67] Hoge, E., Bickham, D., et Cantor, J. (2017). Digital media, anxiety, and depression in children. Pediatrics, 140(Supplément 2), S76-S80.
[68] Wolfers, L. N., Nabi, R. L., et Walter, N. (2025). Too much screen time or too much guilt? How child screen time and parental screen guilt affect parental stress and relationship satisfaction. Media Psychology, 28(1), 102-133.
[69] Lee, A. Y., Ellison, N. B., et Hancock, J. T. (2023). To use or be used? The role of agency in social media use and well-being. Frontiers in Computer Science, 5, 1123323.
[70] Hollis, H., et Kina, V. P. (2026). ‘I Love It, but I Hate It’: Young People’s Experiences and Expectations of Growing Up Digital. Nuffield Foundation. [traduction]
[71] La Sala, L., Filia, K., Gao, C. X., Baker, D., Browne, V., Brennan, N., Freeburn, T., Boon, B., et Teo, S. M. (2025). Social Media and Young People in Australia. Findings from the 2024 Mission Australia Youth Survey. Orygen (Melbourne) et Mission Australia (Sydney).
[72] West, M., Rice, S., et Vella-Brodrick, D. (2024). Adolescent social media use through a self-determination theory lens: A systematic scoping review. International Journal of Environmental Research and Public Health, 21(7), 862. [traduction]
[73] Turner, G., Gastelum, M., Anderson, I., Brufal, Z., Dillmann, S., Fassi, L., ... et Tentori, M. (2026). Relating Smartphone "App-Journeys" to Mental Health: A Novel Network Analysis Approach.
[74] Parry, D. A., et Coetzee, B. (2025). Do mindsets really matter? A second look at how perceptions of social media experiences relate to well-being. Journal of Computer-Mediated Communication, 30(4), zmaf011. [traduction]
[75] Chapman, S. (2025, 12 février). What is Good Mental Health in Children and How Do We Promote It? [Communication]. Association for Child and Adolescent Mental Health. Virtuel.
[76] Lee, A. Y., et Hancock, J. T. (2024). Social media mindsets: A new approach to understanding social media use and psychological well-being. Journal of Computer-Mediated Communication, 29(1), zmad048. [traduction]
[77] Gilbert, A., Klingelhoefer, J., et Meier, A. (2024). Disconnect to recharge: Well-being benefits of digital disconnection in daily life. Communication Research, 00936502251387830.
[78] Huber, M. (2024). Happy, Sad, or Lonely – Does Frequency and Type of Use of Social Media Matter?
[79] Matthias, E., Adiasto, K., Salo, K., Pauw, L., et Milek, A. (2026). Absent While Present? Parental Smartphone Use and Children’s Emotional Well-Being in Everyday Family Life.
[80] Chapman, S. (2025, 12 février). What is Good Mental Health in Children and How Do We Promote It? [Communication]. Association for Child and Adolescent Mental Health. Virtuel.
[81] Schneider, F. M., Lutz, S., Halfmann, A., Meier, A., et Reinecke, L. (2022). How and when do mobile media demands impact well-being? Explicating the integrative model of mobile media use and need experiences (IM3UNE). Mobile Media & Communication, 10(2), 251-271.
[82] Sharman, L., et Dingle, G. A. (2015). Extreme metal music and anger processing. Frontiers in Human Neuroscience, 9, 272.
[83] Damour, L. (2024). The Emotional Lives of Teenagers: Raising Connected, Capable, and Compassionate Adolescents. Ballantine Books. [traduction]
[84] Nesi, J., Burnell, K., Fox, K. A., Armstrong-Carter, E., Field, N. H., Maza, M. T., ... et Telzer, E. H. (2025). Objectively measured smartphone pickups among adolescents: Associations with daily positive and negative affect and mindfulness. Psychology of Popular Media.
[85] Wang, R. A. H., Huang, V. S., Sadiq, S., Smittenaar, P., Kemp, H., et Sgaier, S. K. (2026). Heterogeneity in youth social media engagement and its pathways to mental health and wellbeing. medRxiv, 2026-03.
[86] Nes Minich, M., et Moreno, M. (2024). Real-world adolescent smartphone use is associated with improvements in mood: An ecological momentary assessment study. PLOS ONE, 19(5).
[87] Anderson, I., et Wood, W. Your social media addiction is overrated. The Washington Post.
[88] Eyal, N., cité dans Nesi, J. (2026). How Your Beliefs Can Change Your Life: An Interview with Bestselling Author Nir Eyal. Techno Sapiens. [traduction]
[89] Etchells, P. (2024). Unlocked: The Real Science of Screen Time (and How to Spend It Better). Piatkus. [traduction]
[90] Anderson, I. A., et Wood, W. (2025). Overestimates of social media addiction are common but costly. Scientific Reports, 15(1), 393. [traduction]
[91] Cooper, C., La Sala, L., Patlamazoglou, L., Patrick, P., Sabo, A., Rajaram, G., et Robinson, J. (2026). Suicide and self-harm prevention on social media: A systematic review of interventions and user practices (2014–2025). Computers in Human Behavior Reports, 101067. [traduction]
[92] Gupta, L., Bharti, D., et Singhal, S. (2026). Not all clicks are equal: digital dose, content, and user disposition in mental health. Academia Mental Health and Well-Being, 3(1).
[93] Mirea, D. M., Mildner, J., Kelley, S., Gillan, C., Nook, E., et Niv, Y. (2024). Depression Is Associated with Higher Sensitivity to Social Media Rewards. Préimpression, OSF.
[94] Rideout, V., et Robb, M. B. (2018). Social Media, Social Life. Common Sense Media.
[95] Males, M. (2025). If We Really Want to Deter Suicide and Self Harm We Should Prescribe Social Media to Teenagers, Not Ban It. Substack.
[96] Crouch, E., Shapiro, C., Boswell, E., Brown, M., et Bennett, K. J. (2025). Adverse childhood experiences, positive childhood experiences, and digital media use among children and adolescents in the United States. Journal of Child & Adolescent Trauma, 1-9.
[97] Nagata, J. M., Huang, O., Hur, J. O., Li, E. J., Helmer, C. K., Weinstein, E., et Moreno, M. A. (2024). Health benefits of social media use in adolescents and young adults. Current Pediatrics Reports, 13(1), 1-8. [traduction]
[98] Baggio, S., Wade, T., Radunz, M., Galanis, C. R., Billieux, J., Starcevic, V., ... et King, D. L. (2025). Psychological consequences of school mobile phone bans: Emulated trial of a natural experiment in South Australia. Computers in Human Behavior, 108767.
[99] Moyer, K. (2025). Differences in Reported Mental Health for Schools Which Either Ban or Allow Smartphones (thèse). Minnesota State University Moorhead.
[100] McGinn, D. (2024). Cellphone Ban in Schools Cuts Off Support, Experts Say. The Globe and Mail. [traduction]
[101] Wilson, C. (2026). One in 10 Teens Seeking Mental Health Support from Headspace Cite Social Media Ban as an Issue. Crikey.
[102] Rideout, V., et Robb, M. B. (2018). Social Media, Social Life. Common Sense Media.
[103] Frith, E. (2017). Social Media and Children’s Mental Health: A Review of the Evidence. Education Policy Institute.
[104] Cramer, S., et Inkster, B. (2017). #StatusOfMind: Social Media and Young People’s Mental Health and Wellbeing. Royal Society for Public Health.
[105] Pew Research Center. (2022). Connection, Creativity and Drama: Teen Life on Social Media in 2022.
[106] Pew Research Center. (2018, août). How Teens and Parents Navigate Screen Time and Device Distractions.
[107] Janssens, N., Meeus, A., et Beullens, K. (2025). (Dis)connecting families: Parents’ versus children’s perspectives on the role of mobile devices within family interactions. Mobile Media & Communication, 13(1), 192-213.
[108] Kostyrka-Allchorne, K., Stoilova, M., Bourgaize, J., Rahali, M., Livingstone, S., et Sonuga-Barke, E. (2023). Digital experiences and their impact on the lives of adolescents with pre-existing anxiety, depression, eating and nonsuicidal self-injury conditions—a systematic review. Child and Adolescent Mental Health, 28(1), 22-32.
[109] Pew Research Center. (2018, août). How Teens and Parents Navigate Screen Time and Device Distractions.
[110] HabiloMédias. (2022). Jeunes Canadiens dans un monde branché, Phase IV : La vie en ligne. HabiloMédias. Ottawa.
[111] HabiloMédias. (2023). Jeunes Canadiens dans un monde branché, Phase IV : Les relations et la technologie – La méchanceté et la cruauté en ligne. HabiloMédias. Ottawa.
[112] HabiloMédias. (2023). Jeunes Canadiens dans un monde branché, Phase IV : Les relations et la technologie – Le sextage. HabiloMédias. Ottawa.
[113] Pew Research Center. (2020, juillet). Parents’ Attitudes – and Experiences – Related to Digital Technology.
[114] Hiniker, A., Schoenebeck, S. Y., et Kientz, J. A. (2016, février). Not at the dinner table: Parents’ and children’s perspectives on family technology rules. Proceedings of the 19th ACM Conference on Computer-Supported Cooperative Work & Social Computing (p. 1376-1389). ACM. [traduction]