Que savons-nous à propos de la violence dans les médias ?

Il est difficile de définir une fois pour toutes l’effet de la violence dans les médias sur les consommateurs et les jeunes. Un certain nombre de raisons expliquent cette difficulté, mais l’enjeu principal demeure la complexité à définir ou à classer des termes comme « violence » et « agression ».

Pour un enfant, presque n’importe quel type de conflit, comme une discussion orageuse dans une émission-débat à la radio ou entre deux experts pendant le journal télévisé, peut sembler aussi agressif qu’une querelle entre deux personnages de bande dessinée qui se lancent des enclumes. En fait, nous n’avons pas encore de définition nette de la violence et de l’agression, que nous analysions le contenu des médias ou que nous explorions les comportements agressifs qui peuvent en découler. Des études individuelles définissent ces notions différemment ; ainsi, les règles du jeu changent constamment pour ceux qui tentent d’analyser la situation dans son ensemble. La difficulté à quantifier l’agression et la violence de manière stricte rend presque impossible une réponse précise à la question suivante : « Est-ce que la violence dans les médias entraîne les gens à commettre des actes de violence ? »

De nombreuses études, de nombreuses conclusions

En 1994, Andrea Martinez de l’Université d’Ottawa a procédé à un examen approfondi de la documentation scientifique sur la violence dans les médias pour le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Elle a conclu que le manque de consensus est causé par trois « zones grises » dans ce type de recherches. Ces zones grises s’appliquent encore aujourd’hui.

D’abord, il est très difficile de définir et de mesurer la violence dans les médias. Certains experts qui suivent la violence dans les émissions de télévision, comme feu George Gerbner, ont défini la violence comme l’acte (ou la menace) de blesser ou tuer une autre personne, peu importe la méthode utilisée ou le contexte environnant. À ce titre, M. Gerber incluait la violence dans les dessins animés dans son ensemble de données. Mais d’autres, comme Guy Paquette et Jacques de Guise, professeurs à l’Université Laval, ont exclu de leurs recherches la violence en animation en raison de sa présentation comique et peu réaliste. (Reste à voir leur point de vue sur la violence de plus en plus réaliste qui est présentée dans certains dessins animés contemporains pour adolescents, comme les blessures macabres infligées aux personnages de South Park et Family Guy.)

Ensuite, les spécialistes ne s’entendent pas sur la manière d’interpréter les données. Certains soutiennent que l’exposition à la violence dans les médias provoque l’agression. D’autres disent que les deux sont liées, mais qu’il n’y a pas de lien de causalité (que les deux peuvent, par exemple, être causées par un troisième facteur), tandis que d’autres affirment que les données appuient la conclusion selon laquelle il n’existe aucune corrélation entre les deux.

Enfin, même ceux qui sont d’accord pour dire qu’il existe un lien entre la violence dans les médias et l’agression ne s’entendent pas sur la façon dont l’une affecte l’autre. Certains disent qu’il s’agit d’un mécanisme psychologique enraciné dans notre façon d’apprendre. Par exemple, selon L. Rowell Huesmann, quand les enfants imitent les actions incarnées par des héros dans les médias, ils développent des « scénarios cognitifs » qui déterminent leurs comportements. Quand ils regardent une émission violente, les enfants intériorisent des scénarios dans lesquels la violence est présentée comme une façon acceptable de résoudre un problème.

Pour d’autres chercheurs, les effets psychologiques de la violence dans les médias sont à l’origine des comportements agressifs. La mise en scène de la violence va de pair avec une accélération du rythme cardiaque, une respiration plus rapide et une augmentation de la tension artérielle. Selon certains, cette réponse simulée de préparation à la bagarre prédisposerait l’individu à se comporter avec plus d’agressivité dans la vie réelle.

D’autres encore se concentrent sur les façons dont la violence dans les médias provoque des pensées ou des émotions préexistantes d’agressivité. Ils affirment que le désir d’une personne de se débattre se justifie par des images médiatiques dans lesquelles le héros et le méchant utilisent la violence pour chercher leur vengeance, souvent sans qu’il y ait de conséquences.

Dans son rapport final au CRTC, Andrea Martinez concluait que la plupart des études soutiennent « une relation positive, quoique faible, entre l’exposition à la violence à la télévision et les comportements agressifs. » Cette relation ne peut pas être « confirmée systématiquement », mais Mme Martinez convient avec le chercheur néerlandais Tom Van der Voot qu’il serait illogique de conclure qu’un « phénomène n’existe pas simplement parce que, parfois, il ne se produit pas ou parce qu’il ne se produit que dans certaines circonstances ».

Dans cette optique, un certain nombre d’études récentes publiées dans des revues spécialisées avec comité de lecture nous permettent d’énoncer quelques affirmations.

Quelles sont les bonnes nouvelles ?

  • Il n’existe pas de relation de cause à effet entre les jeux vidéo violents et des incidents comme les fusillades dans les écoles secondaires.[1]
  • Il n’existe pas de relation de cause à effet entre les jeux vidéo et la criminalité chez les jeunes, les agressions et la violence dans les fréquentations.[2]
  • Les jeux vidéo violents ne conduisent pas à une augmentation de la criminalité violente ; en fait, les crimes violents diminuent annuellement depuis que les jeux font partie des activités courantes des jeunes.[3]
  • Même si la violence dans les média a tendance à attirer les consommateurs, nous retirons généralement plus de satisfaction et de joie de la part des médias non violents.[4]

Quelles sont les mauvaises nouvelles ?

  • Les jeux vidéo violents peuvent désensibiliser les joueurs à d’autres images et stimuli émotionnels de nature violente. [5]
  • Les médias violents présentent souvent des actes et des situations de violence pour lesquels il y a rarement de conséquences.[6]
  • Les jeux vidéo violents peuvent conduire à une augmentation des agressions chez les jeunes enfants et les jeunes en donnant l’impression que l’agression est une réaction convenable aux conflits quotidiens.[7]

Quels autres facteurs sont à considérer ?

  • On insiste beaucoup sur la possibilité que les médias violents soient un facteur de risque dans la violence chez les jeunes. Toutefois, on aborde rarement un bon nombre de facteurs de risque qui sont beaucoup plus pertinents, comme la pauvreté, l’éducation, la discrimination et la vie familiale.[8]
  • De nombreuses sources de contenu médiatique de nature violente sont satiriques et ne devraient pas être prises littéralement ou comme une valorisation de la violence. Le problème est qu’un grand nombre de ces produits médiatiques sont aussi destinés aux adultes ou à un auditoire âgé. En général, les enfants ne développent pas la capacité à reconnaître la satire avant l’âge de 12 ans.[9]
  • Nous devons garder à l’esprit que les enfants ne sont pas tous pareils et que ce qui dérange un enfant peut n’avoir aucun effet sur un autre. En outre, les questions de développement, la maturité affective et les relations avec les camarades et les membres de la famille semblent jouer un rôle beaucoup plus significatif pour déterminer si un enfant risque de présenter des comportements violents.[10]

Un certain nombre d’études antérieures et les critiques portant sur celles-ci sont encore pertinentes aujourd’hui. Depuis les années 1950, des expériences en laboratoire montrent systématiquement que l’exposition à la violence est associée à une accélération du rythme cardiaque et de la respiration, à une hausse de la tension artérielle et à une plus grande disposition à blesser l’autre ou à le punir. Toutefois, ce volet d’enquête est critiqué parce qu’il est trop centré sur des résultats à court terme et la nature artificielle de l’environnement télévisuel.

Plusieurs enquêtes indiquent que les enfants et les jeunes qui préfèrent les divertissements violents ont tendance à manifester un plus haut taux d’agressivité que ceux qui regardent des émissions moins violentes. L. Rowell Huesmann a analysé des études menées en Australie, en Finlande, en Pologne, en Israël, aux Pays-Bas et aux États-Unis qui lui ont permis de conclure que « les enfants qui risquent le plus d’être agressifs sont ceux qui a) regardent la plupart du temps des émissions violentes, b) pensent qu’elles sont un reflet fidèle de la réalité, c) s’identifient fortement aux personnages violents de ces émissions ».[11] Toutefois, il peut être tout aussi vrai que les jeunes ayant des prédispositions pour la violence soient plus enclins à aimer les médias violents.

Dans une étude dirigée par la Kaiser Family Fondation en 2003[12], presque la moitié (47 %) des parents d’enfants de quatre à six ans ont indiqué que leurs enfants imitaient des comportements agressifs vus à la télévision. Toutefois, il est intéressant de noter que les enfants sont plus susceptibles d’imiter les comportements positifs – 87 % des enfants.

John Murray[13], professeur à la Kansas State University, a conclu, selon ses recherches, que « l’interprétation la plus plausible de ce schéma de corrélations est qu’une préférence précoce pour des émissions violentes et d’autres médias est un facteur dans l’établissement d’un comportement agressif et antisocial lorsque le garçon devient un jeune homme ».

Un certain nombre d’études rapportent que regarder de la violence dans les médias effraie les jeunes enfants[14] et qu’un tel visionnement peut avoir des effets à long terme.

En 1998, les professeurs Singer, Slovak, Frierson et York[15] ont interrogé 2000 étudiants de l’Ohio de la troisième à la huitième année. Ils ont signalé que l’incidence des traumatismes psychologiques (y compris l’anxiété, la dépression et le stress post-traumatique) a augmenté proportionnellement au nombre d’heures passées à regarder la télévision chaque jour.

Une étude de 1999 menée par Judith Owens, professeure à la Brown University, auprès de 500 parents du Rhode Island[16] a révélé que la présence d’une télévision dans la chambre d’un enfant augmente ses risques pour celui-ci de souffrir de troubles du sommeil. Parmi les parents interrogés, 9 % ont rapporté que leurs enfants faisaient des cauchemars au moins une fois par semaine à cause d’une émission de télévision.

En 1986, Tom Van der Voort[17] a étudié 314 enfants de 9 à 12 ans. Il a constaté que même si les enfants distinguent facilement les dessins animés, des westerns et les films d’espionnage de la réalité, ils confondent souvent les programmes réalistes avec le monde réel. Lorsqu’ils sont incapables d’intégrer la violence dans ces émissions ou ces films parce qu’ils ne suivent pas l’intrigue, ils sont beaucoup plus susceptibles de se sentir anxieux. Cela est particulièrement problématique, car les enfants ont indiqué qu’ils préféraient les émissions réalistes, qu’ils considèrent amusantes et passionnantes. Des études similaires[18], [19], réalisées dans les années 1990, ont donné des résultats confirmant les conclusions de Tom Van der Voort. Comme l’indiquait Jacques de Guise[20] en 2002, plus l’enfant est jeune, moins il est probable qu’il puisse définir un contenu violent comme étant de la violence.

En 1994, les chercheurs Fred Molitor et Ken Hirsch[21] ont découvert que les enfants sont plus enclins à tolérer des comportements agressifs dans le monde réel s’ils regardent d’abord des émissions de télévision ou des films dont le contenu est violent.

George Gerbner a dirigé la plus longue étude jamais menée sur la violence à la télévision. Sa recherche fondamentale suggère que les grands consommateurs de télévision ont tendance à percevoir le monde de manière compatible aux images véhiculées à la télévision. Les perceptions qu’ont les téléspectateurs du monde viennent se conformer aux représentations qu’ils voient à la télévision ; ils deviennent passifs, anxieux et craintifs. M. Gerbner appelle cela le « syndrome du grand méchant monde ».[22]

La recherche de George Gerbner a indiqué que ceux qui regardent le plus la télévision sont plus susceptibles de :

  • surestimer le risque qu’ils soient victimes d’un crime ;
  • croire que leur voisinage est dangereux ;
  • croire que « la peur de la criminalité est un très grave problème personnel » ;
  • supposer que le taux de criminalité est à la hausse, même si ce n’est pas le cas.

En 1997, André Gosselin, Jacques de Guise et Guy Paquette ont décidé de tester la théorie de Geroge Gerbner dans le contexte canadien[23]. Ils ont étudié 360 étudiants d’université et ont découvert que les grands consommateurs de télévision sont plus susceptibles de croire que le monde est un endroit de plus en plus dangereux. Toutefois, ils ont également trouvé que les grands consommateurs de télévision n’ont pas plus tendance à être plus craintifs que les autres.

Bon nombre d’études effectuées depuis indiquent que d’autres variables entrent en jeu pour exposer les enfants au risque d’adopter des comportements agressifs. Par exemple, une étude norvégienne[24] menée auprès de 20 adolescents à risque a révélé que le manque de règles parentales concernant les émissions regardées par les adolescents était un indice plus significatif de comportement agressif que la quantité de violence dans les médias qu’ils regardent. Elle indiquait aussi que l’exposition à la violence réelle, jumelée avec l’exposition à la violence dans les médias, créait une « surcharge » d’événements violents. Les garçons qui éprouvaient cette surcharge étaient plus susceptibles d’utiliser des images médiatiques violentes pour créer et consolider leur identité en tant que membres d’un groupe d’antisociaux et de marginaux.

D’autre part, les chercheurs rapportent que les attitudes parentales à l’égard de la violence dans les médias peuvent atténuer son impact sur les enfants. L. Rowell Huesmann et Bacharach concluent que « les attitudes de la famille et de la classe sociale ont plus d’importance pour déterminer les attitudes à l’égard de l’agression que la quantité d’exposition à la télévision, qui est néanmoins un indice significatif, mais plus faible ».

Il devrait être clair, lorsque nous examinons ce type d’affirmations et d’études, que la violence dans les médias est un problème extrêmement complexe et nuancé. Des inquiétudes sont clairement soulevées en ce qui concerne le contenu violent dans les médias, comme la pertinence en fonction de l’âge, la saturation, la désensibilisation et la naissance de craintes ou de malaises chez les téléspectateurs. Dans un même temps, un grand nombre des produits médiatiques qui nous exposent à de violentes images procurent également des avantages. Les jeux et les films peuvent exposer des jeunes à un contenu violent, mais les études montrent de plus en plus qu’ils comportent aussi des avantages positifs. Il n’y a aucun moyen de bloquer complètement le contenu violent, de garantir que les enfants ne joueront jamais à des jeux vidéo dont la classification ne convient pas à leur âge ou de s’assurer que les sentiments de tous en ce qui concerne la définition d’un contenu inapproprié coïncideront avec les pratiques d’autorégulation de l’industrie. Toutefois, les adultes et les parents peuvent promouvoir l’engagement critique par rapport aux médias consommés par les jeunes et les enfants, contrôler l’usage des médias par leurs enfants et établir des règles à la maison pour aider les jeunes à comprendre ce qui est approprié ou non et à en discuter. Des renseignements sur les façons de parler aux enfants à propos de la violence dans les médias sont disponibles dans la sous-section intitulée L’engagement critique par rapport à la violence dans les médias. Si vous vous intéressez à la législation et aux outils de l’industrie pour vous aider à comprendre les lois ou vous donner une meilleure idée de ce qu’il faut surveiller, consultez notre sous-section intitulée Réponses du gouvernement et de l’industrie à la violence dans les médias.


[1] “The School Shooting/Violent Videogame Link: Causal Relationship or Moral Panic?” Journal of Investigative Psychology and Offender Profiling, volume 5, numéro 1-2, article publié en ligne pour la première fois le  9 décembre 2008. (http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/jip.76/pdf)
[2]  “A longitudinal test of video game violence influences on dating and aggression: A 3-year longitudinal study of adolescents.” Ferguson, Christopher J., et. Al. Journal of Psychiatric Research. Volume 46, numéro 2, pages 141 à 146, février 2012. (http://www.journalofpsychiatricresearch.com/article/PIIS0022395611002627/abstract)
[3]  “Understanding the Effects of Violent Video Games on Violent Crime.” Cunningham, Scott. Benjamin Engelstätter et Michael R. Ward. 7 avril 2011. (http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=1804959)
[4] “The Relationship Between Selective Exposure and the Enjoyment of Television Violence.” Andrew J. Weaver, Matthew J. Kobach. Aggressive Behaviour, vol. 8 14 fév. 2012. (http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ab.2012.38.issue-2/issuetoc)
[5] “Does excessive play of violent first-person-shooter-video-games dampen brain activity in response to emotional stimuli?” Biological Psychology, jan. 2012. (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21982747)
[6] “Violent Entertainment Pitched to Adolescents: An Analysis of PG-13 Films”. Theresa Webb, Lucille Jenkins, Nickolas Browne, Abdelmonen A. Afifi et Jess Kraus. Pediatrics, juin 2007. (http://pediatrics.aappublications.org/content/119/6/e1219.full)
[7] “Longitudinal Effects of Violent Video Games on Aggression in Japan and the United States”. Craig A. Anderson, Akira Sakamoto, Douglas A. Gentile, Nobuko Ihori, Akiko Shibuya, Shintaro Yukawa, Mayumi Naito et Kumiko Kobayashi. Pediatrics, novembre 2008. (http://pediatrics.aappublications.org/content/122/5.toc)
[8] « Les causes de la violence chez les jeunes » : Gouvernement de l’Ontario. 2008. http://www.children.gov.on.ca/htdocs/French/topics/youthandthelaw/roots/index.aspx
[9] Dr. Lawrence Steinberg, Developmental Psychologist. Temple University. Cité dans : Grand Theft Childhood. Kutner, Lawrence et Cheryl K. Olson. Simon & Shuster, NY, 2008.
[10] Grand Theft Childhood: Kutner, Lawrence et Cheryl K. Olson. Simon & Shuster, NY, 2008.
[11] Huesmann, L.R. Television and Aggressive Behaviour. Television and Behaviour: Ten Years of Scientific Progress and Implications for the Eighties. Institute of Mental Health. Rockville, MD. 1982
[12] Rideout, V et al. Zero to Six. Kaiser Family Foundation. 2003
[13] Murray, John. The Impact of Televised Violence. Hofstra Law Review V. 22. 1994
[14] Owens, J., Maxim, R., McGuinn, M., Nobile, C., Msall, M., & Alario, A. (1999). Television-viewing habits and sleep disturbance in school children. Pediatrics, 104 (3), 552.
[15] Singer, Mi. et al. Viewing Preferences, Symptoms of Psychological Trauma, and Violent Behaviours Among Children Who Watch Television. Journal of American Academic Child and Adolescent Psychiatry. 1998.
[16] Owens J, Maxim R, Nobile C, McGuinn M, Alario A, Msall M. Television viewing habits and sleep disturbances in school-aged children. Pediatrics, 1999;104(3):e 27
[17] Van der Voort, T.H. Television Violence: A Child’s Eye View. Amsterdam. Elsevier, 1986.
[18]  Wright, John C. et al. Young Children’s Perceptions of Television Reality. Developmental Psychology, VOl. 30. 1994.
[19]   Chandler, Daniel. Children’s Understanding of What is Real on Television. 1997
[20] ;  DeGuise,  Jacques. Analyse des émissions de fiction diffusées par les six réseaux généralistes, 2002.
[21]   Molitor, Fred, & Hirsch, Kenneth W. (1994). Children’s toleration of real-life aggression after exposure to media violence: A replication of the Drabman and Thomas studies. Child Study Journal, 24(3)
[22]  Gerbner, G. Violence and Terror in the Mass Media. Reports and Paper on Mass Communication (No. 102). France: UNESCO.
[23]  Gosselin, A. et al. Violence on Canadian Television and Some of Its Cognitive Effects. Canadian Journal of Communication. Vol. 22, No 2. 1997
[24] Karlsen, Faltin et Trine Syvertsen. Media Regulation and Parents. Statens Filmtilsyn. 2004