Jeux de hasard : aperçu

Les jeunes Canadiens grandissent aujourd’hui dans une culture où le jeu de hasard est légal, facilement accessible – surtout en ligne – et généralement présenté comme un loisir inoffensif.

Environ quatre à six pour cent des élèves canadiens du secondaire ont une dépendance au jeu et 10 à 14 pour cent risquent d’en développer une – ce qui signifie qu’ils montrent déjà des signes de perte de contrôle sur leur comportement en matière de jeu [1].

Les jeunes se tournent de plus en plus vers les jeux de hasard sur Internet, lieu anonyme et pratique. Une étude sur des élèves du secondaire à Montréal révèle que neuf pour cent d’entre eux ont déjà joué pour l’argent sur Internet [2].

Mais les jeunes n’ont pas besoin d’argent pour jouer en ligne et dès le jeune âge, ils apprennent que le jeu de hasard sur Internet est une activité amusante et inoffensive. Par exemple, plusieurs jeunes font des paris sportifs sur des sites qui offrent des prix aux meilleurs joueurs et plusieurs sites de réseautage social qui intéressent particulièrement les jeunes, tels que Facebook, comprennent des applications de jeu gratuites.

En outre, un certain nombre de sites et d’applications Internet offrent aux jeunes l’option de jouer des jeux de hasard comme au casino, tels que les machines à sous et le blackjack, sans qu’ils aient à se servir d’argent – tout en affichant les gains et les pertes en dollars. Ce type de sites et d’applications enseignent aux jeunes à jouer, espérant qu’ils seront plus portés à aller sur les sites qui utilisent de l’argent lorsqu’ils seront en possession d’une carte de crédit. Dans plusieurs cas, on constate que le taux de succès sur ces sites « d’entraînement » est plus élevé que sur les sites où il faut payer, ce qui est un moyen très efficace d’encourager les jeunes joueurs.

L’entraînement aux jeux de hasard sur Internet commence bien avant l’adolescence : Neopets, par exemple, est un site immensément populaire chez les préadolescents canadiens, sur lequel on trouve une section inspirée des casinos avec des noms comme « Loterie Néopienne » et « Machine à fruits ».

 


[1] Jeu problématique, Le Centre international d’étude sur le jeu et les comportements à risque chez les jeunes, Université McGill,  http://youthgambling.mcgill.ca/Gambling2/fr/adolescents/adproblems_fr.php
[2] Derevensky, Gupta, et McBride, « Internet Gambling Among Youth: A Preliminary Examination », 2006. http://youthgambling.mcgill.ca/en/PDF/Newsletter/Summer2006.pdf