« L’autoroute des larmes » (the « Highway of Tears »), comme on l’a surnommée, est une portion d’autoroute de 800 kilomètres en Colombie-Britannique où plus d’une douzaine de jeunes femmes ont disparu depuis 1994 ; là même où près de 20 jeunes femmes avaient disparu ou avaient été assassinées entre la fin des années 1960 et le début des années 1980. Jusqu’à tout récemment, cependant, ces crimes avaient été peu médiatisés, probablement parce que la majorité des victimes étaient des femmes autochtones.

Les médias autochtones existent depuis longtemps au Canada. Alors que les premiers journaux destinés aux Autochtones étaient publiés par des colons, il existe des journaux dirigés par des Autochtones depuis que le chef, médecin et éditeur ojibwé a lancé The Indian à Hagersville, en Ontario, en 1885. Cette tradition s’est poursuivie grâce à la parution de journaux comme le Wawatay News, basés dans le nord de l’Ontario, et le Windspeaker à Edmonton[1].

L’éducation aux médias peut aider les jeunes à mettre en perspective l’image qui leur est donnée des communautés autochtones en leur faisant à comprendre le fonctionnement des médias, les raisons de l’existence des stéréotypes, les pouvoirs décisionnels et l’importance de savoir qui décide du contenu d’une émission ou d’un journal.

La Loi canadienne sur la radiodiffusion, dont la dernière modification remonte à 1991, dresse les grandes lignes de l’industrie en matière de représentation de la diversité.

Bien avant que le Canada ne devienne une confédération, les minorités visibles créaient déjà leurs propres médias : la première parution du Provincial Freeman, un journal hebdomadaire écrit et publié par les Afro-Canadiens de la province du Canada-Ouest (aujourd’hui l’Ontario), a été publiée le 24 mars 1854.

Bien que les avantages des médias des minorités visibles soient considérables, le processus créatif peut être parsemé d’embûches.

Tout comme dans les médias d’information où elles sont sous- ou mal représentées, les minorités visibles souffrent tout autant de cette fausse représentation dans les médias de divertissement, ce qui a pour effet de renforcer les thèmes véhiculés dans l’actualité. Au Canada, ces représentations altérées sont souvent le résultat de facteurs économiques qui influencent les formes de médias transmis et les types de représentations qui y sont diffusées.

L’objectivité et l’exactitude comptent parmi les plus importantes valeurs journalistiques. Toutefois, nous pouvons observer de la part des médias d’information canadiens une sous-représentation et un stéréotypage constant des minorités visibles.

L’objectivité et l’exactitude comptent parmi les plus importantes valeurs journalistiques. Toutefois, nous pouvons observer de la part des médias d’information canadiens une sous-représentation et un stéréotypage constant des minorités visibles. En 2006, moins de 6 % des employés de la CBC étaient issus de minorités visibles. [1] Une étude effectuée en 2000 par l’Université Laval suggère que plus de 97 % des journalistes canadiens sont blancs. [2]

Les médias en disent long sur ce qui importe dans une société. George Gerbner, de l’Université Temple, s’est penché sur la façon dont les représentations dans les médias peuvent influencer la perception que les jeunes ont d’eux-mêmes et des autres : selon lui, si vous êtes surreprésenté, vous avez l’impression de disposer de meilleures possibilités et qu’une panoplie de choix s’offre à vous, tandis que vous avez l’impression inverse si vous êtes sous-représenté.

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