Cinéma - Les inquiétudes

Cette section traite des préoccupations soulevées par les films que les enfants préfèrent. Elle offre aussi des conseils pour parler des contenus problématiques, tels la violence et les stéréotypes raciaux et sexuels, avec les enfants.

Les stéréotypes au cinéma

Un stéréotype est une représentation simplifiée et uniforme d’une personne ou d’un groupe, souvent fondée sur le sexe, la race, la religion, la profession ou l’âge. En général, nous stéréotypons les gens pour tenter de donner un sens au monde qui nous entoure.

Les réalisateurs comptent beaucoup sur les stéréotypes parce que c’est une façon simple et efficace de définir un personnage. Par exemple, les personnages de blondes sont stupides ; les étrangers sont des méchants ; les Mexicains, des paresseux ; les noirs sont de grands athlètes. Les adolescents sont représentés comme des êtres superficiels ou des obsédés sexuels sans éducation ni morale et souvent groupés en deux catégories : les populaires et les idiots.

De nos jours, même si l’industrie cinématographique est plus sensible aux questions de culture et de genre, plusieurs films véhiculent encore de fausses idées à propos de certains groupes. Une représentation simpliste et mensongère peut déformer notre perception des autres et influencer négativement nos relations interpersonnelles ainsi que nos propres valeurs. Pour de plus amples renseignements, consultez les sections Diversité et médias et Représentations des sexes

 Puisque les enfants possèdent encore une expérience limitée du monde, ils sont particulièrement vulnérables à l’influence des stéréotypes. Même les dessins animés cultivent les stéréotypes, car ils sont familiers et facilement compréhensibles. Par exemple, les héroïnes de Disney sortent toutes du même moule. Elles ont toutes les mêmes courbes, les mêmes traits attrayants (peu importe l’origine ethnique) et ne prennent que très rarement des risques physiques.

L’aimable grand-père de Pinocchio, la méchante belle-mère de Cendrillon et l’héroïque roi Lion représentent tous des stéréotypes familiers, assimilés par les jeunes.

Nous pouvons apprendre aux enfants à reconnaître les stéréotypes et à mieux comprendre leur influence.

  • Demandez à vos jeunes de retracer des images stéréotypées d’enfants et d’ados dans les films. Se voir représentés de manière aussi simpliste les aidera à mieux saisir le concept de stéréotype.
  • Utilisez les fiches-conseils Discuter avec les jeunes du sexisme dans les médias et Parlons des stéréotypes raciaux aux enfants, et encouragez-les à être à l’affût des représentations déformées et stéréotypées dans les films.
  • Démasquez les stéréotypes démodés et discutez-en avec eux lorsque vous regardez des films anciens en leur compagnie. Un bon exemple de stéréotype est l’image que les westerns véhiculent des autochtones (Amérindiens). On les représente souvent comme des personnes violentes et ignorantes. Ces stéréotypes corrompent notre compréhension des autres cultures et de notre propre histoire.
  • Comparez avec eux les qualités les plus souvent attribuées aux personnages masculins et féminins, et discutez de la façon dont ces caractéristiques peuvent influencer leur vision des rôles sexuels.
  • Recherchez des personnages féminins qui ont du caractère et des personnages masculins bienveillants lorsque vous sélectionnez des films pour vos enfants. Privilégiez des films qui mettent en valeur l’amitié et le respect entre les sexes. Recherchez les représentations favorables et intelligentes des différentes cultures, ethnies et religions (certains films étrangers sont formidables pour cela !).
  • Initiez les plus vieux et les adolescents aux films qui repoussent les barrières entre les gens et abordent les thèmes du sexisme et du racisme.

La violence

sceneIl y a eu bien des débats sur l’existence d’un lien entre les comportements violents des jeunes et leur exposition aux nombreuses scènes de violence dans les films, à la télévision et dans les jeux vidéo. Même si cette hypothèse n’a pu être confirmée par les études, on s’entend pour dire que la violence dans les médias doit être considérée, au même titre que le climat familial, le statut socio-économique, le rendement scolaire et la personnalité, comme un facteur prédisposant à un comportement agressif. Pour de plus amples renseignements, consultez la section Violence

Les jeunes sont attirés par les films d’épouvante. Regarder des films d’horreur constitue d’ailleurs un rite de passage pour les adolescents et même pour les plus jeunes. Cependant, l’exposition constante aux images violentes peut produire un effet à long terme sur les enfants. Des études ont révélé que certains adultes souffriraient d’anxiété résiduelle pour avoir visionné des films d’horreur dans leur enfance.

Les chercheurs ont identifié trois réactions potentielles des enfants à la violence dans les médias :

  • Un accroissement des craintes — aussi connu comme le « syndrome du grand méchant monde »
    La télévision présente souvent le monde comme étant beaucoup plus violent qu’il ne l’est en réalité, ce qui peut avoir une incidence sur les enfants : les enfants qui voient de grandes quantités de violence à la télévision sont plus susceptibles de croire que le monde est un endroit effrayant. Cette incidence est d’autant plus puissante quand la violence est présentée avec réalisme (comme dans les films à suspense et les films policiers) ou quand de la violence réelle est décrite (comme dans un documentaire ou aux nouvelles). [1]
  • Une désensibilisation à la violence réelle
    Des preuves éloquentes indiquent que l’exposition à la violence dans la vie réelle (par exemple, être témoin d’un crime violent ou de violence familiale) peut amener les jeunes à considérer la violence comme étant acceptable ou anodine. [2] Certaines preuves donnent à penser que cela peut se produire, à plus petite échelle, à la suite de l’exposition à la violence dans les médias. [3]
  • Une augmentation des comportements agressifs
    Il semble exister une relation entre les médias violents et les agressions, mais on ne sait pas trop si les médias violents augmentent l’agressivité chez les enfants ou si les enfants qui ont déjà un comportement agressif sont attirés par les médias violents. [4] Il est également possible que l’un renforce l’autre, de sorte que les enfants qui ont tendance à être agressifs choisissent des médias plus violents, ce qui provoque leur agressivité.

Avec les nombreuses plates-formes différentes pour regarder des films aujourd’hui, les jeunes ont facilement accès aux films contenant des scènes scabreuses et de la violence gratuite.  Ainsi, les industries des médias commercialisent activement le divertissement violent auprès des jeunes enfants : l’association Campaign for A Commercial-Free Childhood (campagne pour une enfance sans publicité) a révélé que les films classés PG-13 et les jouets connexes sont régulièrement annoncés pendant les émissions ciblant des enfants beaucoup plus jeunes. [5]

Une raison explique pourquoi l’industrie du film présente autant de violence : les films d’action sont faciles à exporter. Contrairement aux drames et aux comédies, dont la traduction des dialogues est coûteuse, les films bourrés d’action permettent la transition vers les langues et les marchés étrangers en toute simplicité et à bon marché. Même à la maison, leur contenu simpliste fait en sorte que les films violents plaisent à une tranche d’âge large. En Amérique du Nord et à l’étranger, la violence est rentable.

Les parents et les enseignants peuvent utiliser la fiche-conseil Parler de la violence dans les médias avec les enfants afin de discuter des différentes formes de violence dans les films.  Faites remarquer la distinction entre la violence réaliste, qui produit des conséquences (d’ordinaire désagréables) et la violence gratuite, qui a tendance à glorifier la force comme une façon appropriée de gérer un conflit.

Une des principales raisons expliquant la prolifération des films violents est leur facilité d’exportation. Contrairement aux drames et aux comédies, les films d’actions ne nécessitent pas d’onéreuses traductions et adaptations pour les marchés étrangers. Même à la maison, leur contenu souvent simpliste semble rejoindre un plus vaste public. Bref, en Amérique comme à l’étranger, la violence est payante.

Les parents et les enseignants peuvent utiliser la fiche-conseils Parler de la violence dans les médias avec les enfants pour parler des différents types de violence dans les films. Établir une distinction entre la violence réaliste qui porte préjudice en montrant bien les conséquences et la violence gratuite qui fait l’éloge de la force comme seul moyen de résolution de conflits.


[1] Soulliere, D. Prime-time murder: Presentations of murder on popular television justice programs. Journal of Criminal Justice and Popular Culture 10(1), 2003, pp.12-38.
[2 ] Kutner, Lawrence et Cheryl K. Olson. Grand Theft Childhood: The Surprising Truth About Violent Video Games. New York: Simon & Shuster, 2008.
[3] Montag, Christian et al. Does excessive play of violent first-person-shooter-video-games dampen brain activity in response to emotional stimuli? Biological Psychology, octobre 2011.
[4] Kutner, Lawrence et Cheryl K. Olson. Grand Theft Childhood: The Surprising Truth About Violent Video Games. New York: Simon & Shuster, 2008.
[5] “2010 PG-13 Marketing to Children.” Campaign for a Commercial-Free Childhood, 14 mai 2010.