Partage de sextos

Mis à part le fait que le sextage fait partie d’un ensemble de comportements à risque, peu de preuves indiquent que l’envoi de sextos soit à lui seul un acte risqué; ainsi, une étude réalisée aux États-Unis auprès d’étudiants de niveau universitaire a révélé qu’un grand nombre d’entre eux ont fait état d’expériences positives.[1] Le danger survient en général lorsqu’il y a partage ou transmission des sextos. Si un sexto vu exclusivement par son destinataire d’origine risque peu de nuire, les dangers potentiels associés aux sextos vus par d’autres destinataires sont quant à eux évidents. Contrairement à l’idée très répandue selon laquelle le partage des sextos est endémique, l’étude Jeunes Canadiens  indique que cette pratique est loin d’être courante : parmi les 24 % d’élèves de la 7e à la 11e année qui ont accès à un téléphone cellulaire et qui ont reçu un sexto provenant directement de son expéditeur, seulement 15 % – ou 4 % de l’ensemble des élèves de la 7e à la 11e année ayant accès à un téléphone cellulaire – l’ont transmis à quelqu’un d’autre. Cela signifie qu’environ 85 % des élèves qui reçoivent une sexto créé à leur intention le gardent privé.

Cependant, l’étude Jeunes Canadiens suggère également que les sextos transmis parviennent toutefois à un public assez large : un élève sur cinq affirme avoir reçu un sexto qui avait été transmis par un tiers. Ainsi, comme en ce qui concerne l’envoi de sextos, il semblerait que les quelques élèves qui transmettent des sextos le font souvent et à l’intention de plusieurs destinataires. Peu de données de recherche permettent d’identifier les jeunes les plus susceptibles de transmettre les sextos qu’ils reçoivent, mais les résultats de l’étude Jeunes Canadiens de l’effet de règles à la maison sur le comportement des élèves nous donne un aperçu intéressant de la situation. En effet, bien qu’il existait en général un lien étroit entre les règles à la maison et le comportement des élèves – et, notamment, une forte association entre la présence d’une règle à la maison concernant le respect des autres en ligne et l’absence de comportements méchants ou cruels en ligne (en plus d’une relation plus faible, mais toujours significative, avec l’absence de menaces proférées en ligne). Toutefois, aucune relation n’existe entre la présence d’une telle règle et la transmission ou non de sextos. Par conséquent, il semblerait que les élèves qui transmettent des sextos ne considèrent pas que cette pratique pourrait poser un problème éthique ou n’ont pas un grand respect à l’égard des auteurs des sextos. Il n’y a pas de raison claire expliquant cette supposition, mais la recherche visant à examiner la nature sexospécifique des attitudes à l’égard des sextos pourrait remettre certains éléments en contexte.


[1] Culp-Ressler, Tara. « Study Finds that Sexting Doesn’t Actually Ruin Students’ Lives. » ThinkProgress, 10 septembre 2013. < http://thinkprogress.org/health/2013/09/10/2599811/study-sexting-college/>