Partage de sextos

Peu de preuves indiquent que l’envoi de sextos soit à lui seul un acte risqué; ainsi, une étude réalisée aux États-Unis auprès d’étudiants de niveau universitaire a révélé qu’un grand nombre d’entre eux ont fait état d’expériences positives [1].

Le danger survient en général lorsqu’il y a partage ou transmission des sextos. Si un sexto vu exclusivement par son destinataire d’origine risque peu de nuire, les dangers potentiels associés aux sextos vus par d’autres destinataires sont quant à eux évidents. Les recherches de HabiloMédias ont déterminé qu’environ un tiers des jeunes sont responsables de presque tous les comportements de partage, lesquels incluent partager des sextos (qu’ils ont demandés, qu’ils n’ont pas demandés ou ceux partagés avec eux par quelqu’un qui n’est pas l’expéditeur orignal), les montrer en personne, les transférer à d’autres personnes, ou les publier dans des espaces publics comme des sites de « pornographie de vengeance » [2].

Pourquoi alors est-ce que près de la moitié (46 %) des jeunes qui reçoivent des sextos décident-ils de les partager, et pourquoi considèrent-ils qu’ils ne font rien de mal (dans bien des cas, leurs pairs qui ne partagent pas de sextos eux-mêmes choisissent tout de même de blâmer la victime de l’avoir envoyé en premier lieu)?


[1] Culp-Ressler, Tara. « Study Finds that Sexting Doesn’t Actually Ruin Students’ Lives. » ThinkProgress, 10 septembre 2013. <http://thinkprogress.org/health/2013/09/10/2599811/study-sexting-college/>
[2] Johnson, M., Mishna, F., Okumu, M., Daciuk, J. Partage non consensuel d’images intimes : les comportements et les attitudes des jeunes Canadiens, Ottawa : HabiloMédias, 2018. <https://habilomedias.ca/sites/mediasmarts/files/publication-report/full/partage-de-sextos.pdf>