Le tutoriel Élever les enfants avec des principes éthiques pour un monde en réseau examine certains des dilemmes moraux auxquels les enfants sont confrontés dans le cadre de leurs activités en ligne, et partage des stratégies pour les aider à acquérir l’intelligence sociale et émotionnelle dont ils ont besoin pour la prise de décision éthique – et créer de la résilience si les choses vont mal.

Les jeunes se soucient-ils de leur vie privée? Les participants à des groupes de discussion de HabiloMédias en 2012 nous ont dit qu’ils se souciaient grandement de leur vie privée, même s’ils participent activement à des plateformes et à des activités que les adultes considèrent comme étant seulement des sites de partage et de diffusion. En examinant les conclusions de notre étude Jeunes Canadiens dans un monde branché réalisée auprès de plus de 5 000 élèves des provinces et des territoires du Canada, nous pouvons maintenant commencer à comprendre cette contradiction : les jeunes ne se soucient peut-être pas de notre définition de la vie privée, mais ils veulent avoir le contrôle, le contrôle de ceux qui peuvent voir leurs publications, de ceux qui peuvent savoir où ils se trouvent et, surtout, de la façon dont les autres les perçoivent.

Quoiqu’en pensent les adultes, le respect de la vie privée compte aux yeux de nos jeunes. Mais plusieurs d’entre eux découvrent au fil du temps que leurs activités en ligne sont surveillées de près – par leurs parents, leurs enseignants et l’industrie. Une directrice d’école secondaire se crée un faux profil sur une page Facebook et ajoute, comme ami-e-s, plus de 300 élèves de son école ; la direction d’une école secondaire du Texas songe à émettre des cartes d’identité munies de puces électroniques que les élèves devront obligatoirement porter sur eux en tout temps ; dans une école de l’Indiana, un élève du secondaire est explusé après qu’un tweet profane (envoyé au milieu de la nuit à partir de l’ordinateur personnel de cet élève) dénonce le système de surveillance ayant cours dans son école.

À l’échelle internationale, un vaste éventail de législations a été élaboré afin de gérer et de protéger les renseignements confidentiels des individus. La protection de la vie privée est régie différemment selon les secteurs public et privé du Canada.

Sous le thème Le respect de la vie privée : ça compte, la Semaine éducation médias (du 5 au 9 novembre 2012) encourage les parents, les enseignants et les responsables communautaires du Canada tout entier à travailler ensemble pour aider les jeunes à développer les connaissances et les compétences qu’ils ont besoin pour protéger leurs renseignements personnels en ligne.

Il existe une idée fausse selon laquelle les jeunes ne se préoccupent pas de la vie privée.

Les enfants et les jeunes constituent un gigantesque marché potentiel pour les sociétés commerciales.

Les enfants et les jeunes qui utilisent Internet sont très sensibles aux pratiques de surveillance. [1] Une recherche dirigée par HabiloMédias démontre que pour les jeunes Canadiens, la surveillance fait partie de la vie de tous les jours. Si les jeunes ont déjà considéré Internet comme un espace privé où ils pouvaient jouer avec leurs camarades, communiquer et faire des expériences, cet état d’esprit a largement disparu : au contraire, les jeunes considèrent maintenant Internet comme un espace entièrement contrôlé. [2] La surveillance des jeunes est exercée principalement par les parents, les enseignants ou les écoles et les sociétés commerciales.

Le mot surveillance vient du verbe surveiller, qui signifie « observer ». [1] David Lyon, sociologue et spécialiste de la surveillance, définit la surveillance comme « la collecte et le traitement de données personnelles, qu’elles soient identifiables ou non, dans le but d’influencer ou de gérer les personnes desquelles proviennent ces données ». [2] La collecte d’informations et les technologies de surveillance sont de plus en plus courantes dans la vie et les activités quotidiennes. [3]

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