Éthique et plagiat

Le plagiat est étroitement associé à la propriété intellectuelle, quoique légèrement différent.

Il peut être difficile pour les enfants qui ont grandi dans une culture virtuelle du « copier-coller » de considérer le plagiat comme une question éthique.

Fait quelque peu étonnant, ce ne sont pas seulement les élèves en difficulté qui plagient : en effet, il est  possible que les élèves sur qui on fait pression pour atteindre des objectifs soient plus susceptibles d’adopter des formes plus subtiles (et plus difficiles à détecter) de plagiat [1]. Les chercheurs ont cerné trois situations dans lesquelles cela est le plus probable : lorsque les élèves sont sous pression (travaux qui doivent être faits dans un délai serré, travaux particulièrement importants pour leur année scolaire), lorsque les élèves ne sont pas intéressés par le travail, et lorsque les élèves estiment que le devoir est injuste au point où ils n’ont pas espoir de réussir sans tricher [2].

Une étude réalisée en 2009 indique un grand écart relativement à la gravité des différents types de tricherie : bien que les deux tiers des adolescents considéraient que copier un devoir complet était « tout à fait inapproprié », juste un peu plus de la moitié pensaient la même chose de plagier une partie d’un devoir, et seulement un tiers estimait qu’il était tout à fait inapproprié de copier des questions de devoir directement d’Internet. Il est également intéressant de noter comment de nombreux adolescents, dans chaque cas, estiment que l’activité « va à l’encontre des règles, mais n’est pas mal », ce qui suggère qu’ils savent que leurs enseignants trouveraient cela inacceptable, mais n’y voyaient aucun problème moral [3].

En plus de ne pas considérer certains types de plagiat comme étant malhonnêtes, certains jeunes peuvent être réellement confus. Par exemple, même si la plupart sont d’accord pour dire que la copie flagrante d’un devoir entier est en fait de la tricherie, ils ne réalisent peut-être pas que de paraphraser du matériel et de le rapiécer pour avoir l’air original est également considéré comme du plagiat.

La cause en est peut-être que les jeunes ont grandi dans une culture de « copier-coller », où la collaboration et le partage sont la norme et où bon nombre de leurs sources d’information, comme Wikipédia, sont perçues comme n’ayant pas d’auteurs. Certains chercheurs affirment que les jeunes ont une attitude entièrement différente à l’égard de la paternité et de la propriété d’une œuvre que les générations précédentes. Toutefois, d’autres estiment que l’on n’enseigne pas aux élèves à respecter l’honnêteté académique ou les connaissances techniques nécessaires pour résumer et citer adéquatement des sources [4].

Selon Teresa Fishman, directrice du Center for Academic Integrity de l’Université Clemson, « nous voyons maintenant toute une génération d’élèves qui ont grandi tout en ayant accès à des renseignements qui semblent «flotter» dans le cyberespace sans avoir d’auteur. Il est possible de croire que ces renseignements sont là pour que quiconque s’en serve. »

L’étude intitulée « The Plagiarism Spectrum » cerne 10 formes distinctes de plagiat.

Le clonage, pratique selon laquelle l’élève soumet un travail entièrement copié ou écrit par quelqu’un d’autre, est la forme la plus commune et la plus grave, mais souvent également la plus facile à détecter.

La forme Ctrl+C est semblable, sauf qu’elle renferme une combinaison de contenu copié et original.

La forme Trouver et remplacer consiste à copier du matériel, mais certains termes ou phrases ont été modifiés pour éviter la détection.

Le « remixage » consiste à paraphraser du contenu et à le rapiécer ensemble pour en faire un contenu qui semble original.

Le recyclage consiste à réutiliser son propre travail et à le présenter comme étant nouveau.

Le plagiat hybride combine du contenu cité et non cité.

Un collage consiste à copier plusieurs différentes sources sans les citer.

Les trois formes finales ne correspondent pas précisément à la définition traditionnelle du plagiat, mais sont des formes relativement fréquentes de malhonnêteté académique.

La forme Erreur 404 s’applique lorsqu’un élève cite des sources inexistantes.

Le regroupement consiste à citer des sources de façon appropriée dans le travail d’un élève sans ajouter de contenu additionnel.

Le rapportage consiste à citer un travail et à le présenter sous forme de paraphrase, mais la paraphrase ressemble trop au texte original.

The Plagiarism Spectrum: Instructor Insights into the 10 Types of Plagiarism. Turnitin, mai 2012. http://www.plagiarismtoday.com/2012/05/10/turnitin-analyzes-the-spectrum-of-plagiarism/.

 


[1] Richard Perez-Pena. Studies Find More Students Cheating, With High Achievers No Exception. New York Times, 7 septembre 2012. http://www.nytimes.com/2012/09/08/education/studies-show-more-students-cheat-even-high-achievers.html?_r=0.
[2] Jason Stephens. Why Students Plagiarize (webémission). http://pages.turnitin.com/Plagiarism_45_Recording.html.
[3] Cheating Goes Hi-Tech. Common Sense Media, 18 juin 2009. https://www.commonsensemedia.org/blog/cheating-goes-hi-tech.
[4] Trip Gabriel. Plagiarism Lines Blur For Students in the Digital Age. New York Times, 1er août 2010. http://www.nytimes.com/2010/08/02/education/02cheat.html?pagewanted=all.

Ressources pour les jeunes

Sur le droit chemin

Sur le droit chemin : Enseigner aux enfants un comportement éthique et sécuritaire en ligne est un ensemble de ressources qui vise à promouvoir et à encourager chez les jeunes des comportements éthiques en ligne. Les ressources comprennent une unité de quatre leçons portant sur les compétences en recherche et en pensée critique; un tutoriel autodirigé qui examine les dilemmes moraux auxquels font face les jeunes lors de leurs activités en ligne ainsi que des stratégies pour les aider à gérer ces dilemmes; et trois fiches-conseils pour les parents afin qu’ils puissent enseigner aux jeunes comment se comporter de façon sécuritaire et éthique en ligne.

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