Le rôle des médias dans la définition de la masculinité

La famille, les amis, l’école et la communauté jouent tous un rôle dans la manière dont les garçons perçoivent la masculinité. Les grands médias aident aussi à définir ce que doit être un « vrai » homme dans notre société. L’image renvoyée par les médias implique généralement que le contrôle de soi et des autres, l’esprit de compétition, la violence, l’indépendance financière et la désirabilité physique sont autant de qualités gagnantes quand on est un homme.

Dans Tough Guise: Violence, Media and the Crisis in Masculinity, Jackson Katz et Jeremy Earp font valoir que les médias offrent un important point de vue sur les attitudes sociales et que, bien que les médias ne soient pas la cause des comportements violents chez les hommes et les garçons, ils présentent toutefois la violence chez l’homme comme l’expression normale de la masculinité. [1]

En 1999, Children Now, un organisme californien qui étudie l’influence des médias sur les enfants et les adolescents, a publié un rapport intitulé Boys to Men: Medias Messages About Masculinity. L’étude affirme que l’image que les médias donnent des hommes tend à renforcer leur dominance sociale.

Le rapport souligne le fait que la majorité des personnages masculins dans les médias sont hétérosexuels, dépeints dans un contexte de travail plutôt que familial, et que l’accent est mis sur les enjeux et problèmes relatifs à la carrière plutôt qu’à la vie privée. Les hommes qui ne sont pas de race blanche sont les plus susceptibles d’être confrontés à des problèmes personnels et à les régler par la violence physique ou verbale. Autant d’images habituelles qui, selon Children Now, appuient et renforcent l’idée que la masculinité est liée au pouvoir et à la domination. [2]

Une étude plus récente a constaté des tendances similaires dans la façon dont les personnages masculins étaient représentés dans les émissions de télévision pour enfants, partout à travers le monde : les garçons sont dépeints comme des êtres durs, puissants, soit indépendants ou leaders, tandis que les filles semblent le plus souvent dépendre des garçons meneurs et ne s’intéresser pour la plupart qu’aux histoires de cœur. [3]

Or, ceci est d’autant plus préoccupant que la prégnance des médias semble plus importante chez les garçons que chez les filles. Dans l’article de 2008 « Media and the make-believe worlds of boys and girls », Maya Götz et Dafna Lemish notent que, alors que les filles ont tendance à intégrer le contenu médiatique à leur monde imaginaire en « en écartant une partie, en s’en appropriant une autre, et en s’en dissociant », les garçons eux tendent à intégrer les médias tels quels à leur imaginaire: « Ils prennent l’histoire, l’assimilent, et la mènent plus loin : les garçons (…) se créent un monde imaginaire où ils prennent la place de leurs héros et développent une histoire similaire à celle du média original. » [4]

La domination sociale et la violence physique que l’on retrouve au niveau de la représentation des hommes dans les médias servent donc à renforcer les opinions courantes sur la manière dont un homme ou un garçon doit se comporter en société, aussi bien dans ses rapports avec les autres hommes qu’avec les femmes et les enfants.

 


[1] Earp, Jeremy and Jackson Katz. Tough Guise: Violence, Media & the Crisis in Masculinity (study guide). Media Education Foundation, 1999.
[2] Boys to Men: Media Messages About Masculinity. Children Now, 1999.
[3] Gotz, Maya. Girls and Boys on Television. International Central Institute for Youth and Educational Television, 2008.
[4] Götz, Maya and Dafna Lemish. Media and the make-believe worlds of boys and girls. Televizion,  No. 1, 2008..