Le marketing de la violence auprès des jeunes

Nul ne sait mieux que l’industrie du marketing que les enfants et les jeunes représentent un énorme marché, autant par leur propre pouvoir d’achat que par l’influence qu’ils exercent sur les dépenses familiales.

Les systèmes de classification comme l’ESRB et la MPAA peuvent être des outils utiles aux parents pour les aider dans leur décision d’achat de films et de jeux vidéo. Toutefois, les parents tiennent rarement compte de ces indications, ce qui signifie que les systèmes de classification doivent aider les parents à mieux comprendre ce qu’ils font.

Les producteurs de médias font de la publicité dans les publications pour adolescents, diffusent des bandes-annonces pour des films destinés aux adultes à des heures où les enfants peuvent être devant l’écran et recrutent des préados et des enfants (parfois dès l’âge de sept ans) pour évaluer des scénarios, des publicités, des bandes-annonces et des premiers montages de films cotés R (réservés aux adultes). L’industrie du film et des jeux vidéo conçoit souvent des jouets dérivés de films et de jeux pour adultes à l’intention d’enfants aussi jeunes que quatre ans. Par conséquent, même si un film spécifique ne convient pas aux enfants, l’achat de jouets, t-shirts et autres articles dérivés n’est pas considéré inapproprié.

La commercialisation du divertissement pour adultes auprès des enfants est un problème récurrent pour les organismes de réglementation gouvernementaux et les diverses industries des médias. Dans un rapport publié en 2000, la Federal Trade Commission (FTC) des États-Unis réprimandait les industries du film, de la musique et des jeux vidéo pour avoir fait la promotion active de divertissements violents auprès des jeunes enfants. Des rapports subséquents ont montré que même si des progrès ont été réalisés – notamment dans l’industrie des jeux vidéo –, de nombreuses préoccupations restent en suspens en ce qui a trait à la fréquence de la promotion du divertissement pour adultes auprès des enfants et à la facilité avec laquelle de nombreux jeunes peuvent accéder à des jeux, des films et de la musique pour adultes. [1] La FTC demande aux médias de divertissement d’améliorer entre autres ces volets spécifiques : la restriction de la commercialisation des produits pour adultes auprès des enfants, la communication claire et bien en vue des renseignements sur la classification et la restriction de l’accès des enfants aux produits pour adultes lors de la vente au détail. [2]

Quant à l’industrie de la musique, les cinq grandes maisons de disques continuent de faire la promotion d’albums ayant un contenu explicite ou violent à la télévision et dans des magazines populaires auprès des enfants et des jeunes de moins de 17 ans.

Malgré cela, il y a peu de preuves que la violence dans les médias plaise vraiment aux enfants, ou même aux jeunes garçons et aux adolescents. [3] Ce qui leur plaît plutôt, ce sont des personnages qui prennent des mesures et résolvent des problèmes ; qu’il y ait emploi ou non de violence ne fait que peu ou pas de différence pour les jeunes téléspectateurs. [4]

 


 

[1] Federal Trade Commission (2009). FTC Renews Call to Entertainment Industry to Curb Marketing of Violent Entertainment to Children. http://www.narm.com/PDF/FTCReport_1209.pdf
[2] Ibid.
[3] Andrew Weaver, Jakob Jensen, Nicole Martins, Ryan Hurley, Barbara Wilson. Liking Violence and Action: An Examination of Gender Differences in Children’s Processing of Animated Content. Media Psychology, 2011; 14 (1)
[4] Götz, Maya. «Girls and Boys on Television.» International Central Institute for Youth and Educational Television (IZI), 2008.