Partage de fichiers

Partage de fichiers Télécharger de la musique et des vidéos sont, avec les jeux vidéo, les activités majeures des jeunes Canadiens en ligne. Il est alors aisé de comprendre pourquoi le partage de fichier, communication poste à poste (« Pair à Pair », ou encore P2P), ainsi que les services de « casiers numériques », est particulièrement populaire auprès des jeunes : cette technique leur permet de chercher, puis d’accéder gratuitement à des musiques, des films ou des jeux vidéo par ailleurs payants et soumis au droit d’auteur.

Comment ça marche ?

Les systèmes de partage de fichiers permettent à plusieurs ordinateurs de communiquer via un réseau, afin de mettre en commun leurs fichiers. Ce sont généralement des fichiers musicaux au format MP3, mais le téléchargement de films est de plus en plus populaire (dans la première semaine de sa sortie, le film Avatar a été téléchargé illégalement un million de fois).

Le partage de fichiers est-il légal ?

Télécharger gratuitement du matériel protégé par le droit d’auteur, y compris par le biais du partage de fichier, est une pratique illégale. Au Canada, la Loi sur le droit d’auteur assure la protection de toute œuvre, interdisant sa copie non autorisée. Cependant, il n’est pas illégal de télécharger les fichiers dont le droit d’auteur vous appartient (la musique que vous avez produite, par exemple) ou de télécharger un fichier si vous avez la permission du propriétaire du droit d’auteur. Plusieurs personnes se servent de « casiers numériques » tels que Dropbox pour sauvegarder leur fichiers ou pour les partager avec des collègues. 

Lorsqu’il pratique le partage de fichiers protégés par les droits d’auteur sans permission l’usager contrevient doublement à la loi :

  • lorsqu’il copie des fichiers d’autres utilisateurs, alors qu’ils sont protégés par le droit d’auteur. Cependant, la loi autorise la copie d’œuvres musicales, et d’œuvres musicales seulement, si celle-ci est destinée à un usage strictement personnel. Or le partage de fichiers ne peut pas être considéré comme une “copie personnelle”, car le fichier que vous offrez au téléchargement est destiné à l’usage de quelqu’un d’autre.
  • lorsqu’il met à la disposition des autres utilisateurs ses fichiers dûment acquis ; le principe-même du partage de fichier est l’échange : on accède aux fichiers des autres, et on laisse les autres accéder à ses fichiers. Or, en permettant un accès public à des œuvres dont on ne possède pas les droits d’auteur, on contrevient à la loi, puisque l’usage fait du fichier cesse d’être « un usage strictement personnel ». Les dommages et intérêt pour cette infraction vont de 500 $ à 20 000 $.

« Notice et notice »

Du fait des transformations fulgurantes des nouvelles technologies, la loi sur le droit d’auteur est en constante évolution, et comporte des « zones d’ombre ». Cela ne fait pas l’affaire de l’industrie, qui perd des revenues à cause de cela – et qui cherche donc à trouver ses propres solutions : ainsi, les fournisseurs d’accès à Internet canadiens tels Rogers, Bell et Telus ont volontairement accepté d’envoyer des rappels (« notices ») de la part de l’industrie lorsqu’ils repèrent (« notice ») des activités de téléchargement provenant de sites de partage de fichiers. Les internautes canadiens sont identifies par leur adresse IP lorsque le contenu est téléchargé depuis l’Internet.

Michael Geist, expert et chef de file en matière de lois sur Internet à l’Université d’Ottawa, note que, même si ce procédé n’a pas de poids légal, il constitue une meilleure approche que celle de bien des pays – aux États-Unis, par exemple, les fournisseurs de service Internet doivent retirer eux-mêmes tout matériel enfreignant le droit d’auteur.

La loi canadienne sur le droit d’auteur est actuellement en train d’être révisée. Le site de la Commission du droit d’auteur du Canada vous permettra de vous tenir au courant de ses dernières évolutions.

Parlez aux jeunes du partage de fichiers

Dans les sites de partage de fichiers, on ne partage pas que des fichiers…

Quelques logiciels parmi les plus populaires arrivent accompagnés de parasites encombrants et dangereux, appelés fichiers « voleurs de trafic » (« malware »), qui créent automatiquement sur les pages Web des liens renvoyant l’utilisateur à des pages de publicité et parfois même à des sites pornographiques. Il existe d’autres types de malware, comme les programmes appelés « keyloggers », qui enregistre et transmit tout ce que vous tapez au clavier, ainsi que des programmes qui utilisent votre ordinateur pour envoyer des pourriels.

Par ailleurs, de nombreuses personnes utilisent ces réseaux de partage de fichiers pour échanger des images ou des vidéos pornographiques, sur lesquels les jeunes peuvent facilement tomber par hasard : les filtres parentaux qui bloquent habituellement la pornographie ne fonctionnent pas sur ce type de logiciels. Certains réseaux de partage de fichiers ont cependant créé leur propre système de filtrage, et vous devriez vérifier si c’est le cas pour celui de vos enfants.

Au-delà du côté légal : le côté éthique

Les jeunes veulent de moins en moins payer pour des produits qu’ils peuvent trouver gratuitement sur Internet. Leur réflexion s’arrête généralement à leur propre intérêt. Il est donc important, en tant que parents, de pousser nos jeunes à réfléchir sur les conséquences pour les artistes qu’ils aiment.

Or la question n’est pas simple : certains artistes se déclarent pour le téléchargement par partage de fichiers car elle leur fait de la publicité gratuite pour leurs concerts (et c’est là qu’ils touchent le plus gros pourcentage). Par exemple, Megaupload, un service de casier numérique qui s’est fait fermer par le gouvernement américain en 2012, était fréquenté par plusieurs artistes et vedettes tels que Snoop Dogg, Alicia Keys, Kanye West and Mary J. Blige, qui avaient tous participé dans la production d’une vidéo de promotion pour le site. D’autres sont farouchement contre, car cela leur retirent des revenus sur la vente de leurs CD.

Pour les jeunes, l’idéal serait de vérifier si un artiste a fait ses œuvres disponibles pour télécharger – soit à leur propre site officiel ou bien à travers un service intermédiaire comme iTunes. Le site Airtist, par exemple, propose à l’internaute de télécharger sans frais certaines chansons après avoir regardé de la publicité. Les artistes et groupes débutants, quant à eux, jouent sur les donations volontaires : le site SellaBand (littéralement : « Vendez un groupe »), par exemple, donne la possibilité d’écouter les musiques de groupes inconnus, qui cherchent à percer. Si leur musique vous plaît, vous pouvez alors soutenir ces musiciens : vous achetez une « part » dans leur groupe, afin de les aider à rassembler les fonds nécessaires à un album ou une tournée. Bandcamp permet aux musiciens de créer leur propre site à travers lequel ils peuvent vendre ou donner gratuitement leur musique.

GNU logoEn matière de logiciels, rappelons que pour un grand nombre de programmes payants, il existe un programme libre équivalent. Les logiciels libres, repérés par la licence GNU, et symbolisée par le logo, sont particuliers du point de vue de leur législation : en effet, ils donnent aux utilisateurs la liberté d’utiliser, de copier, de distribuer, d’étudier, de modifier et d’améliorer les logiciels – en rendant le code-source accessible et copiable sans frais. La copie de fichier est donc légale dans le cas d’un logiciel libre. (Si vous souhaitez en savoir plus sur la tendance du « libre », vous pouvez lire le billet de blogue Libre comme le Web.)

Internet a un impact certain sur l’économie : en transformant les consommateurs « bien –payants » en adeptes du gratuit, le Net pousse l’industrie à imaginer de nouveaux modèles économiques, comme c’est le cas pour la musique. Mais Internet ne s’arrête pas là : il a parallèlement créé une nouvelle économie basée sur le don et/ou la collaboration, illustrée par les logiciels libres. Il est important que les jeunes aient conscience de toutes ces alternatives car leur adoption (ou leur rejet) par le public tracera la voie du futur.

Il y a de nombreux sites qui permettent d’acheter de la musique, comme le site d’Archambault zik.ca, iTunes, ou ceux des artistes ou des maisons de disques. Vous pouvez aussi vous renseigner sur les options que propose votre fournisseur d’accès à Internet, en matière de musique.

Enfin, plusieurs sites offrent la diffusion en flux. Puisque la musique diffusée en flux n’est pas stockée sure le disque dur, la diffusion en flux demeure légale pour vu qu’une licence a été payée ou la permission de diffusé le contenu a été donner par le propriétaire des droits d’auteur. Plusieurs diffuseurs de radio, comme la SRC ont des services de diffusion en flux.  Il existe aussi sur le Web des services de radio en flux comme radio paradise et Rdio.

Quelques conseils pour faire du partage de fichier une expérience positive…

N’utilisez que les fichiers MP3 affranchis de doits d’auteur

Si vous voulez éviter les virus et rester dans la légalité, n’utilisez que les fichiers MP3 affranchis de doits d’auteur.

Utilisez des programmes filtrés de partage de fichiers, afin d’éviter les virus et les contenus explicites

Certains programmes de partage de fichiers possèdent leur propre système de filtre, il est donc avantageux d’en expérimenter différents types, afin de voir lequel offre la meilleure protection.

N’utilisez un programme d’échange de fichiers ou un service de casier numérique que pour échanger des fichiers

De nombreux programmes populaires incluent une messagerie instantanée et un service de chat. Choisissez un programme qui n’offre pas ces services ou qui permet de les désactiver.

Faites attention aux logiciels espions (spyware) qu’on peut trouver avec certains programmes de partage de fichier

Des logiciels espions peuvent accompagner certains programmes de partage de fichier. Ils peuvent changer les réglages de votre page d’accueil, afficher des fenêtres pop-ups sur votre bureau, et même créer des liens à des pages Web.

Assurez-vous que votre ordinateur possède un logiciel anti-virus et un firewall

Lorsque vous voulez utiliser un programme de partage de fichiers, réglez votre ordinateur de façon à donner aux autres l’accès aux seuls fichiers que vous acceptez de partager (assister le jeune lorsqu’il télécharge ou qu’il met en place le programme est une bonne idée).