Publicité en ligne - Des enjeux inquiétants

Cette section traite des préoccupations soulevées par la publicité en ligne.

Santé

Puisque désormais on « resserre la vis » dans les médias traditionnels – télévision, magazines – en matière de publicités de malbouffe destinées aux enfants, les publicitaires font leur possible pour attirer les jeunes en ligne. En 2006, les compagnies américaines de boissons et produits alimentaires ont dépensé 77 millions de dollars pour faire connaître leurs produits aux jeunes en ligne.

Au-delà du côté marketing de ces sites, les parents devraient aussi se pencher sur ce qu’on essaie de vendre à leurs enfants dans ces sites : un grand nombre de publijeux sont développés par l’industrie de la malbouffe pour cibler les jeunes. Le site Candystand.com, qui compte parmi les favoris des jeunes Canadiens, affiche plus de 100 publijeux.

De plus, il n’existe aucun mécanisme pour empêcher un enfant mineur à visiter les sites de marque de boissons alcoolisées – il lui suffit de cocher la case d’un âge légal pour consommation d’alcool et le tour est joué…il aura accès au site. Depuis une dizaine d’années, on s’inquiète de voir des compagnies de boissons alcoolisées et de bières solliciter activement la jeunesse en ligne, par le biais de sites Web vantant les mérites de la consommation d’alcool et qui parviennent, ainsi, à fidéliser ces jeunes dès leur plus bas âge.

Les stratégies marketing des compagnies de boissons alcoolisées passaient habituellement par la voie télévisuelle pour atteindre leur public cible mais on note clairement un virage, depuis quelques années : la télévision est délaissée en faveur de l’Internet et des médias sociaux. On voit, par exemple, que Bacardi compte au moins sept pages Facebook réunissant, dit-on, quelque 1,7 millions de fans; par ailleurs, Captain Morgan Rum cumule plusieurs pages Facebook et fait de surcroît la promotion de son application pour jeux vidéo pour IPhones. [1]

Frais cachés

Il faut enseigner aux jeunes à différencier entre les activités et les jeux en ligne gratuits et les autres, pour lesquels on doit payer. Nombre de sites offrent un contenu de base gratuit mais font payer l’accès à d’autres contenus sur le site. On nous offre parfois un accès illimité à tout le contenu du site lorsqu’on s’inscrit : par exemple, on peut s’adonner gratuitement au jeu de base dans le site Club Penguin mais pour obtenir son igloo personnel pour fins de décoration, on doit obligatoirement s’inscrire. D’autres sites offrent l’accès au contenu parallèle sous une modèle économique de Free-to-Play (F2P « Jeu gratuit») par exemple, certains jeux gratuits exigent des frais avant de vous fournir des armes virtuelles ou des objets particuliers. Dans ces sites, la concurrence et le désir de socialiser peuvent monter en flèche sous l’effet de la pression; dans le feu de l’action, il devient difficile de résister et de refuser de payer pour un article qui s’offre… au milieu d’un jeu prétendument gratuit. Et pour finir, des jeux comme Farmville vous permettent d’acheter des articles plutôt que de les obtenir sans payer mais en jouant sans arrêt; ces jeux incitent à la concurrence et créent une ambiance « conviviale » qui incitent les joueurs à dépenser pour rivaliser avec leurs amis qui, à leur tour, en font tout autant.

Vie privée

Les  publijeux soulèvent des problèmes relatifs à la vie privée. Ainsi, lorsque les joueurs viennent de finir un jeu sur Miniclip ou Neopets, et qu’ils peuvent « défier un ami » ou « conseiller le jeu » par courriel, ils ne se rendent pas compte qu’ils sont en fait en train de fournir des renseignements personnels (ceux de leurs amis) aux publicitaires, qui s’en serviront pour mieux les cibler. Voilà pourquoi il nous faut inculquer aux enfants de bonnes pratiques en ligne visant à protéger leur vie privée  et ce dès leur plus jeune âge; nous devons les éduquer et leur apprendre à faire des choix avisés en prévision du jour où ils visiteront les sites des réseaux sociaux comme Facebook et seront invités à divulguer leurs renseignements personnels.

Dans les mondes virtuels, les questionnaires en ligne représentent une source particulièrement riche d’informations. En récompensant les enfants avec des points qu’ils peuvent utiliser pour personnaliser leurs avatars, ces questionnaires leur enseignent que le partage d’informations en ligne est une activité distrayante et sans danger. Il revient aux parents et aux éducateurs d’enseigner aux enfants la valeur des renseignements personnels et l’importance de ne pas les disséminer à tout vent, sans réfléchir. (Pour plus d’informations, consultez notre section Vie privée.)

 


 

[1] Michael Doyle. “US to review online marketing of beer, liquor and wine.” Miami Herald. 05/01/12. http://www.miamiherald.com/2012/05/01/2778099/us-to-review-online-marketing.html