Envoi de sextos

Le sextage – et, surtout, nos préoccupations à cet égard – est souvent dépeint comme étant un phénomène touchant essentiellement les filles; il peut donc être surprenant de constater que, selon  l’étude Jeunes Canadiens, les garçons et les filles sont tout aussi susceptibles d’envoyer des sextos d’eux-mêmes.

Les garçons qui ont participé à notre étude sont nettement plus susceptibles que les filles de recevoir un sexto provenant directement de la personne qui l’a créé – c’est ce qu’ont indiqué 32 % des garçons, comparativement à 17 % des filles. Dans l’ensemble, 24 % des élèves de la 7e à la 11e année ayant accès à un téléphone cellulaire ont affirmé que quelqu’un leur avait envoyé un sexto provenant directement d’eux-mêmes (plutôt que d’avoir transmis le sexto d’un tiers.) Comme le nombre d’élèves qui rapportent avoir reçu un sexto est supérieur au nombre d’élèves qui ont envoyé un sexto, il se pourrait que les élèves qui ont déjà envoyé un sexto l’aient fait à plus d’une reprise et à l’intention de plus d’un destinataire. Autrement dit, l’envoi de sextos serait considéré comme un comportement normal par une faible minorité d’élèves. (Il est tout aussi possible que les élèves acceptent plus facilement de reconnaître avoir reçu des sextos qu’en avoir envoyé, mais il semble peu probable que cette supposition explique à elle seule la disparité.) Ceci rejoint la recherche externe selon laquelle certains groupes sont plus susceptibles que les autres de pratiquer le sextage; une corrélation existerait notamment entre le sextage et les autres activités sexuelles, en particulier les activités sexuelles à risque.[1] « Une minorité d’adolescents adoptent ce comportement, mais il s’agit de la même minorité qui adoptent un ensemble complet de comportements sexuels à risque… pas seulement le sextage », explique Eric Rice, chercheur à l’université de Californie du Sud, située à Los Angeles.[2] Cette recherche a dévoilé que certains groupes, comme les jeunes LGBTQ, sont plus susceptibles de pratiquer le sextage et d’adopter des comportements sexuels à risque. (Notre enquête ne comportait aucune question à propos de l’orientation sexuelle ou de l’identité sexuelle des élèves.) Cette recherche a également révélé que les comportements qu’adoptent les fréquentations des jeunes constituent l’un des indicateurs les plus sûrs pour prévoir si ceux-ci pratiqueront le sextage : les participants qui connaissent une personne ayant déjà envoyé un sexto étaient 17 fois plus susceptibles de le faire eux-mêmes.[3]


[1] Rice, Eric, Rhoades, H., Winetrobe, H., Sanchez, M., Montoya, J., Plant A. et Kordic, T. Sexually Explicit Cell Phone Messaging Associated With Sexual Risk Among Adolescents. Pediatrics; initialement publié en ligne le 17 septembre 2012.
[2] Pittman, Genevra. « New study again links ‘sexting’ with risky sexual behaviour in teenagers. » Reuters, 17 septembre 2012.
[3] Rice et al 2012.