Cyberprédateurs

Lorsqu’on évoque les risques et les préjudices sexuels sur Internet, la grande majorité des gens pensent immédiatement aux prédateurs sexuels. Du fait de son caractère spectaculaire, le sujet est régulièrement abordé dans les médias, contribuant à le faire apparaître comme une préoccupation de premier plan. La réalité est tout autre, cependant. La protection des enfants en ligne est un sujet grave, mais il est important de relativiser le problème et d’éviter la panique.

Le problème en chiffres

En 2002, le Code criminel canadien a été amendé afin de rendre illégal le fait de contacter un enfant sur Internet pour tenter de l’exploiter sexuellement.

Depuis lors, les cas rapportés de leurres d’enfants ont augmenté de façon significative. Mais il est difficile de savoir si cela est dû à une réelle augmentation du nombre d’incidents, ou au fait que les gens se sont mis à plus signaler ces cas, ou même que ces chiffres reflètent une utilisation accrue d’Internet par les jeunes.

Ce que l’on sait, en revanche, c’est qu’en 2006 et 2007, 464 incidents de leurre d’enfants sur Internet on été rapportés par la police sur tout le territoire canadien. Des poursuites ont été intentées dans 122 de ces cas, à la suite desquelles 89 individus ont été déclarés coupables.

Dans les cas débouchant sur des poursuites, les accusés étaient le plus souvent des hommes 18 à 34 ans, selon Statistique Canada.

Quelles stratégies les prédateurs sexuels emploient-ils ?

Contrairement au mythe répandu sur les prédateurs sexuels, la recherche montre que ceux-ci mentent rarement sur leur âge ou leurs motifs, lorsqu’ils prennent contact avec un jeune en ligne. Leur tactique n’est pas la tromperie mais la séduction : ils manifestent beaucoup d’attention, d’affection et de gentillesse envers les jeunes, les amenant à croire qu’ils sont réellement amoureux. La plupart des jeunes qui acceptent alors une rencontre en personne le font en sachant qu’ils vont s’engager dans une relation sexuelle – et d’ailleurs, dans 73 pour cent des cas, il s’agit de relations sexuelles répétées. Très peu de cas (5 pour cent) sont de nature violente. (Pour plus de détails, suivre ce lien.)

Quel est le profil des jeunes les plus à risque ?

Encore une fois, les résultats de la recherche vont à l’encontre d’une croyance répandue : les jeunes les plus à risque ne sont pas les plus jeunes, mais les 13-15 ans, et en particulier ceux qui se mettent volontairement dans des situations risquées : discuter avec des étrangers, flirter et parler de sexe avec eux, afficher des informations intimes dans des environnements non protégés, comme les sites de réseautage social. Ces jeunes à risque sur Internet sont les mêmes que dans le monde physique : ce sont ceux qui s’engagent dans des comportements risqués ou destructifs dans le monde physique, qui se questionnent sur leur sexualité (garçons), jeunes ayant des problèmes mentaux, victimes de violence domestique (sexuelle ou non), ou ayant des relations difficiles avec leurs parents ou tuteurs.

Comment reconnaître que votre enfant est ciblé ?

Voici quelques indices vous permettant de reconnaître que votre enfant est la cible d’un prédateur ou exploité sexuellement :

  • Votre enfant passe beaucoup de temps seul/e en ligne.
  • Vous retrouvez de la pornographie ou des photos sexuelles sur son ordinateur.
  • Votre enfant reçoit des coups de téléphone de gens que vous ne connaissez pas ou fait des appels, parfois interurbains, à des personnes dont le nom ne vous dit rien.
  • Votre enfant reçoit du courrier, des cadeaux ou des colis d’une personne que vous ne connaissez pas.
  • Votre enfant s’isole de la famille, ne voit plus ses amis, éteint rapidement l’ordinateur ou change la fenêtre de l’écran quand un adulte s’approche.