Authentification de l'information - Aperçu

En 2005, lorsque Stephen Colbert, animateur satirique d’une émission de fin de soirée, a inventé le terme « truthiness » – pour décrire la façon dont les émotions peuvent parfois l’emporter sur ce que nous croyons – il ignorait que c’était là le présage de l’un des plus grands défis de l’ère numérique : savoir comment distinguer la vérité de la fiction dans l’information que nous rencontrons en ligne.

truthiness definition
« Truthiness : qui a comme qualité de sembler vrai ou d’être ressenti comme étant vrai, même lorsque ce n’est pas nécessairement le cas » [traduction libre]

En 2006, « truthiness » est devenu « mot de l’année », mais c’est l’effet polarisant de la désinformation survenue lors des élections présidentielles américaines de 2016 qui a braqué les feux sur les « fausses nouvelles » dans différents pays du monde.

L’emploi de la propagande et de la désinformation dans le but d’influencer les croyances et les comportements des gens s’étend depuis des siècles. Toutefois, l’ère numérique a ouvert la porte à des occasions sans précédent de manipuler les idées et les actions des individus et des sociétés.

L’information en ligne peut être partiale, partisane ou complètement fausse. Les motivations à l’origine de la désinformation peuvent être satiriques, manipulatrices, malicieuses ou bien intentionnées. La désinformation peut être de source corporative ou gouvernementale ou provenir d’une organisation médiatique ou d’un ami. Ces facteurs, ajoutés à notre aisance à partager de l’information en ligne, illustrent la nécessité d’obtenir des méthodes d’authentification nouvelles et sophistiquées.

L’internet, les médias sociaux et les applications mobiles sont sans aucun doute d’importantes sources d’informations pour les Canadiens : selon le rapport sur les nouvelles numériques de 2016 (Digital News Report), 62 pour cent des répondants de moins de 35 ans et 28 pour cent des répondants de plus de 35 ans ont affirmé utiliser les sites Web, les médias sociaux et les applications mobiles comme source principale de nouvelles.[1] Dans l’ensemble, 48 pour cent des Canadiens obtiennent leurs nouvelles des médias sociaux.[2]

Si la bonne nouvelle est que la plupart des Canadiens comptent sur les sites Web pour obtenir des nouvelles de sources réputées, l’exactitude d’une foule de renseignements qui sont encore recherchés ou trouvés par hasard au quotidien doit être authentifiée.

Dans la présente section, nous allons :

  • explorer les façons par lesquelles la désinformation a une incidence sur notre compréhension des événements actuels, des nouvelles, des politiques, du processus démocratique et des enjeux à l’égard de la santé et des sciences;
  • examiner le rôle des individus à titre de communicateurs lorsqu’ils partagent des nouvelles et de l’information sur les médias sociaux et d’autres plateformes;
  • offrir des stratégies et des outils pouvant être utilisés par des Canadiens de tout âge afin de confirmer la véracité de l’information en ligne, tout en abordant des enjeux particuliers se rapportant aux enfants et aux adolescents.

 

[1] http://www.newswire.ca/news-releases/nearly-4-out-of-10-canadians-get-their-news-primarily-online-583303261.html
[2] https://reutersinstitute.politics.ox.ac.uk/sites/default/files/Digital%20News%20Report%202017%20web_0.pdf?utm_source=digitalnewsreport.org&utm_medium=referral