Politiques canadiennes en matière de diversité et de radiodiffusion

La Loi canadienne sur la radiodiffusion, dont la dernière modification remonte à 1991, dresse les grandes lignes de l’industrie en matière de représentation de la diversité.

La loi soutient que la radiodiffusion canadienne doit « répondre aux besoins et aux intérêts, et refléter la condition et les aspirations, des hommes, des femmes et des enfants canadiens, notamment l’égalité sur le plan des droits, la dualité linguistique et le caractère multiculturel et multiracial de la société canadienne ainsi que la place particulière qu’y occupent les peuples autochtones. » La loi spécifie que les pratiques en matière d’emploi dans les médias doivent refléter la diversité canadienne.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) est responsable de l’application de cette loi. En plus des exigences requises par la Loi sur la radiodiffusion, le CRTC impose également des exigences en matière de contenu obligatoire pour la radiodiffusion et la télédiffusion canadiennes. Quoiqu’il n’y ait aucune exigence pour la radio-causerie, la radio musicale doit quant à elle inclure un minimum de 35 % de contenu canadien tandis que toutes les stations de télévision doivent inclure un minimum de contenu canadien à hauteur de 60 % sur une base annuelle ou de 50 % aux heures de grande écoute. Malgré l’existence de ces politiques, plusieurs réseaux ont trouvé des façons de contourner les quotas de contenu canadien ou de minorités visibles, surtout aux heures de grande écoute. Ces stratégies incluent l’arrêt de diffusion la nuit afin de réduire le temps d’antenne, la diffusion des contenus obligatoires au cours des heures d’écoute les moins populaires et la diffusion de contenu canadien axé principalement sur le marché américain. La Politique relative à la radiodiffusion à caractère ethnique exige que toutes les stations de radio et de télévision dites « ethniques » consacrent un minimum de 60 % de leur programmation au contenu à caractère de l’ethnicité de la communauté qu’elles servent ; de plus, la moitié du contenu de tous les médias des minorités visibles doit être diffusé dans une langue tierce (autre que l’anglais, le français ou une langue autochtone).

Code d’application volontaire à l’égard de la diversité culturelle

En 1999, l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) créait un code d’application volontaire pour la représentation de la diversité culturelle dans les médias. Les lignes directrices concernant le Code sur la représentation équitable exigent l’engagement des radiodiffuseurs à refléter la diversité culturelle dans leurs pratiques d’embauche et de formation. Presque tous les médias canadiens sont membres de l’ACR et, à ce titre, doivent adhérer aux lignes directrices suivantes :

  • s’assurer d’une présentation équilibrée de nouvelles et être conformes au principe de représentation équitable de tous les individus ;
  • s’abstenir de diffuser des contenus, nouvelles ou images pouvant inciter à la haine ou au mépris en ce qui concerne la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur ou la religion ;
  • user de prudence dans l’emploi de commentaires abusifs ou stéréotypés indûment négatifs en ce qui concerne les minorités ;
  • s’abstenir de diffuser des contenus pouvant mener à la dérision des mythes, des traditions ou des pratiques de groupes en ce qui concerne la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur ou la religion.

La question de la diversité est également abordée par le Code de déontologie de l’ACR. Ce code interdit aux radiodiffuseurs de présenter des contenus abusifs ou indûment discriminatoires quant à la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état matrimonial ou le handicap physique ou mental.

L’application de ces lignes directrices est chapeautée par le Conseil canadien des normes de la radiotélévision, un organisme qui entend les plaintes du public concernant la programmation et tente de les résoudre au niveau local, directement entre les radiodiffuseurs et leurs publics, ce qui survient dans la plupart des cas.

L’industrie canadienne de la presse, pour sa part, n’est pas réglementée de la même façon que les radiodiffuseurs. Bien que l’Association canadienne des journaux ait émis une déclaration de principes dans laquelle elle souligne le besoin de présenter une information exacte et équitable de la communauté, elle n’a pris aucun engagement clair en ce qui a trait à la diversité dans les salles de presse et dans le contenu d’information canadien. La plupart des journaux sont associés à des conseils de presse provinciaux ou régionaux qui détiennent tous des politiques concernant la représentation des minorités visibles et ethniques. Mais puisque l’industrie s’autoréglemente et que l’adhésion à ces conseils est volontaire, il n’existe aucun mécanisme formel afin d’assurer la conformité de ces réglementations. Les industries canadiennes de la musique et des jeux vidéo ne détiennent quant à elles aucune ligne directrice concernant la représentation équitable, mais les consommateurs peuvent faire parvenir leurs plaintes directement aux entreprises fabriquant ces produits et peuvent influencer la représentation des minorités visibles dans les médias en choisissant de soutenir les entreprises qui représentent la diversité culturelle de manière positive.

Trousse éducative – diversité et médias

La Trousse éducative – diversité et médias est une ensemble de ressources conçues pour les enseignants, les élèves, les corps policiers et le grand public ; on y aborde des sujets brûlant d’actualité comme la haine, les préjugés et les stéréotypes véhiculés dans nos médias et sur Internet. Ce programme comprend des tutoriels de perfectionnement professionnel, des leçons, des activités pédagogiques pour l’élève et des documents d’accompagnement.

Pour plus d’information