Des générations d’enfants nord-américains ont grandi en regardant des films de « cow-boys et d’Indiens » et en lisant Les Aventures de Tom Sawyer ou La Petite Maison dans la prairie. Ces films et romans populaires n’ont fait que renforcer l’idée que les autochtones appartenaient au passé, éternellement occupés à chasser le bison ou à se faire pourchasser par la cavalerie de l’armée américaine, et que le destin les avait placés pour toujours en marge de la « véritable » société. De telles impressions acquises dès le plus jeune âge sont difficiles à effacer.

Cent ans de westerns et de documentaires ont formé l’idée que le public se fait des autochtones, du vieux sage (Little Big Man) à l’ivrogne (Tom Sawyer), du fidèle sous-fifre (Le pacte des loups, The Lone Ranger) à la princesse indienne (Pocahontas). Autant d’images qui se sont imprimées de manière indélébile dans la conscience des Nord-Américains.

La Loi canadienne sur la radiodiffusion, dont la dernière modification remonte à 1991, dresse les grandes lignes de l’industrie en matière de représentation de la diversité.

Bien que les avantages des médias des minorités visibles soient considérables, le processus créatif peut être parsemé d’embûches.

Bien avant que le Canada ne devienne une confédération, les minorités visibles créaient déjà leurs propres médias : la première parution du Provincial Freeman, un journal hebdomadaire écrit et publié par les Afro-Canadiens de la province du Canada-Ouest (aujourd’hui l’Ontario), a été publiée le 24 mars 1854.

Tout comme dans les médias d’information où elles sont sous- ou mal représentées, les minorités visibles souffrent tout autant de cette fausse représentation dans les médias de divertissement, ce qui a pour effet de renforcer les thèmes véhiculés dans l’actualité. Au Canada, ces représentations altérées sont souvent le résultat de facteurs économiques qui influencent les formes de médias transmis et les types de représentations qui y sont diffusées.

L’objectivité et l’exactitude comptent parmi les plus importantes valeurs journalistiques. Toutefois, nous pouvons observer de la part des médias d’information canadiens une sous-représentation et un stéréotypage constant des minorités visibles. En 2006, moins de 6 % des employés de la CBC étaient issus de minorités visibles. [1] Une étude effectuée en 2000 par l’Université Laval suggère que plus de 97 % des journalistes canadiens sont blancs. [2]

L’objectivité et l’exactitude comptent parmi les plus importantes valeurs journalistiques. Toutefois, nous pouvons observer de la part des médias d’information canadiens une sous-représentation et un stéréotypage constant des minorités visibles.

Les médias en disent long sur ce qui importe dans une société. George Gerbner, de l’Université Temple, s’est penché sur la façon dont les représentations dans les médias peuvent influencer la perception que les jeunes ont d’eux-mêmes et des autres : selon lui, si vous êtes surreprésenté, vous avez l’impression de disposer de meilleures possibilités et qu’une panoplie de choix s’offre à vous, tandis que vous avez l’impression inverse si vous êtes sous-représenté.

La question de la représentation de certains groupes dans les médias, surtout des groupes considérés comme marginalisés, soulève très souvent le problème des stéréotypes. Or, il ne suffit pas toujours de briser les stéréotypes. La question n’est pas simple, et il ne faudrait pas se limiter à déterminer si la représentation que font les médias d’un personnage est positive ou négative.

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